19 mai 2009
Apprendre à l’ère du numérique
Conférence
du LMS à l’environnement d’apprentissage
Florence Meichel (Apprendre 2.0) lors du séminaire ACCU (LLN)
Par Michel Berhin, chargé de mission à Média Animation ASBL
Intervenant comme expert invitée en ouverture de la quatrième journée annuelle des utilisateurs de Claroline , Florence Meichel a planté le décor d’un contexte pédagogique en pleine évolution. Reprenant les mots de Steve Wheeler dans sa conclusion, elle aura développé un point de vue tranché : les systèmes de gestion d’e-learning sont dépassés. Trop orientés contrôle et compétition, ils doivent céder la place à des espaces où l’on crée de la valeur ajoutée autour des apprentissages.

L’inauguration de la quatrième conférence annuelle des utilisateurs de
Claroline avait lieu ce lundi 18 mai à Louvain-La-Neuve. En ouverture
de séance, Marcel Lebrun et Philippe Mercenier, respectivement
président et secrétaire général du consortium Claroline, balisaient les
journées de travail visant à coordonner le développement d’une
Claroline résolument toujours plus 2.0. Ils cédaient ensuite la parole
à l’initiatrice du réseau social Apprendre 2.0, une plate-forme
d’échanges en ligne propulsée sous Ning et qui cristallise une nouvelle
forme de communauté apprenante en action. Son intervention viendra à
point nommé pour soutenir l’orientation des travaux de l’ACCU : si l’on
veut être résolument centré sur l’utilisateur, les nouvelles
technologies doivent muter pour garantir un ajustement continu et
coopératif aux besoins et usages sans cesse en évolution.
Citant Michel Serres , Florence Meichel ouvre son intervention par un
défi : « si les technologies nous libèrent du devoir de mémoire, elles
nous obligent à l’intelligence ». Apprendre est aujourd’hui plus que
jamais un processus d’émancipation individuel et collectif. A l’heure
des réseaux sociaux, nous apprenons à nous construire de notre couplage
à l’environnement et aux individus. En actes, il nous est possible de
faire émerger le sens de ce que nous vivons et construisons. Il faut
donner toute sa place aux compétences connectives et enactives.
L’intervenante développera ensuite une série de caractéristiques des
environnements d’apprentissages efficients : système open source de
sorte à permettre un ajustement continu et coopératif, architecture
décentralisée pour fluidifier le système lors de la montée en charge
d’utilisateurs toujours plus nombreux, gestion de la relience par le
recours notamment aux outils cross plate-forme (ex : open ID) et au web
sémantique, mettant en place des espaces facilitant le partage et la
collaboration, synchrone et asynchrone… des espaces d’apprentissages en
action faisant la part belle aussi à l’apprentissage entre pairs. Des
propos dans la droite ligne de ses interventions quotidiennes en ligne
sur Apprendre 2.0 .
Mais c’est finalement le changement paragdigmatique de l’acte d’enseigner qui l’emportera dans cette conférence où les éléments technologiques, pour importants qu’ils soient, ne sont jamais que les instruments d’une pédagogie qui se cherche en se centrant sur l’utilisateur. Et c’est sans aucun doute le fil rouge méthodologique de tous ces chercheurs du réseau Apprendre 2.0 : prendre en compte l’échelle du collectif, cartographier les compétences, mettre en relience et en sens tout ce que l’on fait, de sorte à mettre de l’ordre dans le désordre. L’enseignement classique n’a plus beaucoup sa place quand on envisage plutôt un accompagnement bienveillant pour des méta-compétences : apprendre à apprendre, apprendre ensemble, éveiller le sens critique et la prise de distance par rapport au processus en train de se vivre, la co-évaluation, la capacité de se voir à la fois dans le système et hors du système. Des compétences adaptatives aux personnes, aux outils et aux processus. Et Florence Meichel de conclure sur l’émergence aujourd’hui d’une « Apprenance ambiante » en invitant, non seulement à s’y préparer, mais à y travailler en assumant le poids d’un paradoxe méthodologique : « Puisque tout va de plus en vite, il faut apprendre à s’inscrire dans la vitesse de cette évolution, tout en prenant le temps du recul ! » Une invitation paradoxale que les développeurs de Claroline auront reçu avec empathie, à l’heure de concevoir les grandes orientations de la mutation de leur plate-forme fétiche.
05 février 2009
Améliorer ma pratique de formateur
C'est François Guite qui aborde la question, en faisant "raisonner" un écho lu ailleurs sur la toile : "C'est quoi un blogueur ?"
Ce qui me plait surtout dans sa manière de rebondir sur les propos d'André Marois, ce sont ces quelques lignes : "Une définition, en raison de son caractère général, est imparfaite par défaut. Je n'oserai pas une définition, car je préfère le flou de l'imprécision qui oblige l'individu à l'effort de combler le vide cognitif.
On ne saurait, par conséquent, servir aux élèves trop de réponses. Pour les préparer à affronter l’inconnu, il faut plutôt leur servir des questions, histoire qu’ils apprennent à trouver eux-mêmes la vérité, d’autant plus vraie qu’elle sera partagée et malléable."
Ce qui vaut ici pour la définition d'un blogueur peut être élargi à bien d'autres notions. Et je pense alors notamment à l'apprentissage, à la formation, au rôle du formateur ou de l'enseignant...
Il faut se laisser remettre en question par les pratiques nouvelles qui invitent à redéfinir notre tâche et donc la manière de la remplir. Gilles Jobin, cité lui-même par François Guité, n'y va pas par quatre chemins pour dire sa déception face un certain type de formation continuée des enseignants. Toutes ces questions m'interrogent sur ma propre pratique de formateur d'adultes !
Ainsi que ces suggestions qu'il fait et parmi lesquelles je pointe et commente :
1- Exiger que tous les participants apportent leur portable. (Encore assez irréaliste dans notre paysage... mais pourquoi pas le proposer à l'inscription- à ma dernière formation, il étaient 2 sur 36 venus d'initiative avec leur bécane ! Ca bouge !)
2- Ne plus distribuer de papier, mais mettre tous les documents sur support électronique seulement. (Cà c'est fait... mais c'est encore mal perçu... Cf les feuilles d'évaluation où l'on se plaint de la chose. Lire à l'écran reste une difficulté )
3- Faire l'effort de différencier dans les ateliers de manière à permettre à tous les participants d'apprendre quelque chose. (J'essaye... et je pense que j'y arrive modestement... mais quelle énergie et surtout quelle patience de ceux qui attendent une aide pour avancer. Taux d'encadrement ! Souvent, on fait des prouesses, mais pour les miracles...)
4- Offrir un menu varié où les animateurs auraient du jeu. Actuellement
tout le monde fait la même chose en même temps. (Encore difficile quand on en est au B.A. ba)
5- Permettre aux gens de coconstruire à partir de leurs intérêts communs. (Ah, ça j'aimerais faire plus souvent)
6- On peut tous lire, donc éliminons les points d'informations plates à
600 personnes où la moitié de la salle dort. Que la session en soit une
de formation et non d'informations. (C'est sur ce dernier point que j'ai toujours misé mes objectifs. Ma pratique est-elle à la hauteur de mes objectifs ? Bonne question.).