Mediacteur

Blog d'un formateur en Education aux Médias attaché à la formation continuée des enseignants

11 septembre 2009

Pourquoi cette pluie de followers ?

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Deux, sept, neuf, treize...
en une journée, voilà que ma boite à messages se remplit d'alertes :

    "Machin vous suit sur Twitter".
    "Truc vous suit sur Twitter".
    "Chose vous suit sur Twitter".

Quelle mouche les a piqué ? Qui a cafté ? Qu'a-t-on écrit pour justifier cet attroupement virtuel... qui ne me dérange pas, mais qui... tout de même, pose question !

Petite recherche en ligne pour découvrir avec curiosité que mon profil Twitter figure dans "Les cinquante comptes Twitter à suivre en Education". J'y retrouve quelques uns de mes propres "Followings"... soit ! Je ne suis pas en mauvaise compagnie. Mais il va falloir apprendre à gérer, à l'avenir.

Bien sûr, la logique du web 2.0 c'est le partage... une opération à double sens... une mutualisation !
Mais, justement ! Jusqu'à présent, je twittais essentiellement en aller-retour, dans un réseau d'identifiés. A partir du moment où le système propulse à un second niveau de notoriété (ça me rappelle l'étude faite par une collègue sur les Blogstars de Skyblog)... la ligne éditoriale est inévitablement contrainte de s'adapter.

Première modification notoire, "Suivre" et "Etre suivi" vont commencer à se développer plus séparément. Jusqu'où ira le décalage ? Wait and see !  Que les followers ne  prennent pas mal le fait qu'ils ne soient pas systématiquement ajoutés à ma liste de followings. Comme je le rappelais dans mon post précédent... je ne crois pas qu'il est possible de faire vivre avec intérêt des relations centuples dans tous les domaines de ma vie d'humain (famille, boulot, loisirs... et dans leur double virtuel). J'accepte et assume ma finitude, modestement.

Ma ligne éditoriale Twitter est essentiellement construite autour de mes préoccupations d'Education aux Médias et au développement de l'appareillage numérique qui permettra aux enseignants de mieux faire leur métier.

N'hésitez donc pas à me retirer de votre liste si vous constatez que mes posts n'alimentent pas votre réflexion... Etre médiacteur actif et critique, c'est cela aussi !

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12 juin 2009

Quand la publicité vous impose son décodage de l'actu !!!

On connaissait déjà la pratique du teasing en publicité : le fait d'afficher des messages progressivement, par bribes et morceaux, et surtout en n'annonçant pas immédiatement de quoi et de qui il s'agit !

On vient sans doute de passer un nouveau cap dans l'intrusion de notre quotidien par les publicitaires.

Cette fois, ils s'invitent dans notre "quotidien" (entendez aussi... le journal) pour nous proposer (ou nous imposer) une lecture de l'actualité.

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(D.H du 12 juin 2009)

Voyez l'image de cette pub pour un groupe bancaire (dont l'identité est révélée à la page suivante) et qui a pris la peine de surligner DANS LES ARTICLES DE FOND DU JOURNAL, les termes qui renforcent son slogan : l'incertitude... et mesurez alors le climat de menace qui est sensé peser sur le citoyen.

Non seulement, vous n'êtes plus libres d'interpréter les signes des temps comme vous l'entendez, mais les journalistes acceptent d'être le jouet -marketing- de cette lecture alarmiste de l'actu.

On peut se demander ce qui a procédé de la juxtaposition des deux : la pub voulait à l'évidence être entourée d'articles traitant de cette "incertitude ambiante"... c'est dire que la place au coeur du journal a été mûrement choisie... Mais allons plus loin dans le raisonnement : la sélection des articles, prérogative suprême de la rédaction, n'a-t-elle pas été affectée par la nécessité d'illustrer semblablement la pub convenue préalablement entre l'annonceur et le service marketing.

Jusqu'où ira la compromission, à l'avenir, entre sélection de l'info, traitement de celle-ci, mise en surlignage et juxtaposition avec la pub... jugée prioritaire !?

05 juin 2009

Pour la seconde fois, j'invite à une mobilisation

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"Tout est vivant, tout est lié"

Ce soir, partout sur la planète, dans les salles de cinéma, sur les chaînes de télévision et online,
Yann Arthus-Bertrand nous interpelle.

Nous ne pouvons rester indifférents.

Il ne s'agit pas d'un beau film... pas seulement ! C'est un appel universel à mobilisation !
Il y a urgence...

Voir le film : http://www.youtube.com/homeprojectFR


Il est trop tard pour être pessimiste ! Ce qui est important , ce n'est pas ce que nous avons perdu, mais ce qui nous reste. Nous savons aujourd'hui que les solutions existent. Nous avons tous le pouvoir de changer. Alors qu'est-ce qu'on attend !?"(Y A-B.)


Quelques chiffres :

  • 20% des Hommes consomment plus de 80% des ressources de la planète
  • Les dépenses militaires mondiales sont 12 fois plus élevées que l’aide au développement.
  • 5000 personnes par jour meurent à cause de l’eau insalubre. Un milliards d’Hommes n’ont pas accès à l’eau potable.
  • Un milliard de personnes ont faim.
  • Plus de 50% des céréales commercialisées dans le monde sont destinées à l’élevage et aux agro-carburants.
  • 40% des terres cultivables sont dégradées.      
    Chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent.
  • 1 mammifère sur 4, 1 oiseau sur 8 et 1 amphibien sur 3 sont menacés d’extinction.
  • Les espèces s’éteignent à un rythme 1000 fois supérieur au rythme naturel.      
    Les trois quarts des ressources de pêchées sont épuisées, en déclin ou à la limite de l’être.
  • La température moyenne des 15 dernières années a été la plus élevée jamais enregistrée.
  • La banquise a perdu 40% de son épaisseur en 40 ans.
  • Il pourrait y avoir 200 millions de réfugiés climatiques avant 2050.
  • (infos tirées du film à 1h18' du début de sa projection)

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03 juin 2009

Facebook à la convergence de deux émissions ertébénnes

Inter Médias et Question à la Une jouent au ping-pong avec le thème des réseaux sociaux.

Les élèves de l'Ihecs tournent pour leur part dans les coulisses de la première et Emmanuel Jacques, enseignant à la ville de Bruxelles, commente sur le forum de l'émission, le traitement de la seconde.

Tout converge vers le besoin d'apprendre à connaître ces nouveaux médias et à les faire fonctionner pour ce que l'on estime intéressant... bien au delà de l'effet de mode.


Education aux médias, donc.... sans perdre de vue que ces médias qui inquiètent les aînés qui préfèrent s'auto-censurer, sont les médias de la génération de demain... LEUR monde à eux.

Quoiqu'on dise, qu'on pense, qu'on veuille, qu'on préfère... enseigner, c'est les y préparer en toute intelligence.

L'Ihecs enquête :

 

Trouvez plus de vidéos comme celle-ci sur interMedias

et Emmanuel Jacques s'exprime :

http://blogrtbf.typepad.com/qalu/2009/05/au-sommaire-de-ce-mercredi-27-mai-facebook.html

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05 février 2009

Améliorer ma pratique de formateur

C'est François Guite qui aborde la question, en faisant "raisonner" un écho lu ailleurs sur la toile : "C'est quoi un blogueur ?"

Ce qui me plait surtout dans sa manière de rebondir sur les propos d'André Marois, ce sont ces quelques lignes : "Une définition, en raison de son caractère général, est imparfaite par défaut. Je n'oserai pas une définition, car je préfère le flou de l'imprécision qui oblige l'individu à l'effort de combler le vide cognitif.

On ne saurait, par conséquent, servir aux élèves trop de réponses. Pour les préparer à affronter l’inconnu, il faut plutôt leur servir des questions, histoire qu’ils apprennent à trouver eux-mêmes la vérité, d’autant plus vraie qu’elle sera partagée et malléable."

Ce qui vaut ici pour la définition d'un blogueur peut être élargi à bien d'autres notions. Et je pense alors notamment à l'apprentissage, à la formation, au rôle du formateur ou de l'enseignant...

Il faut se laisser remettre en question par les pratiques nouvelles qui invitent à redéfinir notre tâche et donc la manière de la remplir. Gilles Jobin, cité lui-même par François Guité, n'y va pas par quatre chemins pour dire sa déception face un certain type de formation continuée des enseignants. Toutes ces questions m'interrogent sur ma propre pratique de formateur d'adultes !

Ainsi que ces suggestions qu'il fait et parmi lesquelles je pointe et commente :

1- Exiger que tous les participants apportent leur portable. (Encore assez irréaliste dans notre paysage... mais pourquoi pas le proposer à l'inscription- à ma dernière formation, il étaient 2 sur 36 venus d'initiative avec leur bécane ! Ca bouge !)
2- Ne plus distribuer de papier, mais mettre tous les documents sur support électronique seulement. (Cà c'est fait... mais c'est encore mal perçu... Cf les feuilles d'évaluation où l'on se plaint de la chose. Lire à l'écran reste une difficulté )
3- Faire l'effort de différencier dans les ateliers de manière à permettre à tous les participants d'apprendre quelque chose. (J'essaye... et je pense que j'y arrive modestement... mais quelle énergie et surtout quelle patience de ceux qui attendent une aide pour avancer. Taux d'encadrement ! Souvent, on fait des prouesses, mais pour les miracles...)
4- Offrir un menu varié où les animateurs auraient du jeu. Actuellement tout le monde fait la même chose en même temps. (Encore difficile quand on en est au B.A. ba)
5- Permettre aux gens de coconstruire à partir de leurs intérêts communs. (Ah, ça j'aimerais faire plus souvent)
6- On peut tous lire, donc éliminons les points d'informations plates à 600 personnes où la moitié de la salle dort. Que la session en soit une de formation et non d'informations. (C'est sur ce dernier point que j'ai toujours misé mes objectifs. Ma pratique est-elle à la hauteur de mes objectifs ? Bonne question.).

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04 décembre 2008

Pour la seconde fois, je sors du sujet. Question de priorité !

Passez le mot à votre voisin !
Puis, agissez à votre façon.



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01 septembre 2008

Alexandre Jardin et sa philosophie du désordre pour une pédagogie buissonnière

Formateur en éducation aux médias, je ne peux que prendre du temps aussi pendant mes congés pour alimenter ma réflexion sur les aspects pédagogiques d'un métier par ailleurs fort influencé par les technologies. 

Usant du droit de citation, je vous propose ici quelques extraits du troisième roman autobiographique d'A. J.
Cela ne pourra que faire sa publicité. L'ensemble du roman vaut aussi la peine... n'hésitez pas à le retrouver en librairie.

JARDIN Alexandre, Chaque femme est un roman, Grasset, Paris, 2008 - ISBN : 978-2-246-71361-6

P 109-111 : Madame Equal avait raison

En classe de cinquième, Mme Equal (quelle poitrine !) m’éleva au rang de bon élève en mathématiques, sans qu’elle m’ordonnât jamais de réviser un cours. Avant elle, personne n’était parvenu à me sauver de ma nullité en calcul. Je ne mordais pas aux études. Devant un problème d’arithmétique, ma pensée se sauvait ; même lorsque Zouzou m ‘aidait en douceur. Aucun fesseur donannt de la voix n’y avait jamais remédié. Les injonctions déconcertantes de Mme Equal, elles, n’étaient pas proférées ; dès lors, il devenait délicat de s’y opposer. Peut-on contester le silence ?
J’ai onze ans. Demi cancre, je suis scolarisé à Gerson, établissement sans gaieté de la rue de la pompe à Paris. Le catholicisme le plus rance s’abat sur moi, incantatoire et sec. Je ne sais pas encore que l’année suivante, je vais être catapulté dans une école joviale dite « parallèle », sorte de laboratoire post-soixante-huitard où l’on pratiquait alors une « autodiscipline » baroque et dévastatrice. C’est là, à deux pas de l’opéra que je découvrirai le clitoric déconcertant des lycéennes et d’inattendus vertiges sensuels. Brusque changement de pastorale.
Le jour de la rentrée, Mme Equal surgit. Une trogne agricole et une broussaille blonde qui achève de jaunir sur le haut de son crâne. Son tailleur correct n’annonce pas la scène qui va suivre, ni son accent rural qui avoue ses fortes attaches provinciales, du côté de Castres. Elle interroge la classe sur une question d’algèbre qui fera l’objet de son cours. Mon ami Tristant répond avec justesse et, soudain, s’attire cette réponse saugrenue :
- Viré, vous êtes viré, Tristan. Filez dans la cour !
- Qu’est-ce que j’ai fait ? balbutie mon pote.
- Vous avez bien répondu. Je vous ai mis 20 sur 20.

Stupeur dans la classe. L’air se crible de points d’interrogation. Mme Equal nous explique qu’elle ne voit vraiment pas pourquoi Tristan devrait rester en classe s’il maîtrise le sujet abordé.
- Avec moi, les virés sont les bons. Je ne garderai que ceux qui n’ont pas compris.
Dix minutes plus tard, je rejoignis Tristan dans la cour avec quelques autres éberlués. La semaine suivante, je savais mes cours par cœur avant de rentrer en classe ; pour pouvoir en sortir au plus vite et jouer au foot avec vacarme. Et nous fîmes tous de même, nous les « virés » afin de ne pas moisir parmi les « inclus » condamnés de végéter devant un pupitre ! Mme Equal est la seule prof de math qui ait su jamais me motiver indirectement, comme si elle avait compris que le plus court chemin entre deux points reste le zigzag. Elle enseignait sans parler, en virant à bon escient avec une habileté déconcertante que je ne parvins pas à déjouer. Une année durant, cette femme à forte poitrine mit en échec ma mauvaise volonté. C’est Mme Eqyual qui m’a appris à travailler seule et à m’arrimer aux études.
- Mais à la fin de l’année, c’est elle qui fut virée !

Ses méthodes peut orthodoxes dérangeaient la torpeur de l’établissement.


P 113-114 : Les contre-dictées de Mme Folichet

En septième (CM2), la providence m’avait placé en face d’une maîtresse faiblement acclimatée aux méthodes d’enseignement classiques. J’aimais ses seins laiteux excessifs, la translucidité inespérée de ses robes soyeuses et son zozotement doublé d’un fort bégaiement. En une seule année, Mme Folichet redressa mon orthographe comique sans exiger davantage de travail. C’est elle qui m’installa dans une délicieuse estime de moi-même : alors même qu’elle ne brillait pas particulièrement par ses qualités pédagogiques. Le personnage semblait même un peu fade, sans musique intérieure, quasi atonal. Après les premières semaines, le temps de mesurer l’ampleur de nos lacunes, elle nous tint ce discours :
- Dé-désormais, vous su-su-birez deux ffois la même dictée. La p-p-première fois, je vous de-de-demanderai de faire le plus grand nombre possible de fautes d’orthographe, de conjugaison  et de grammaire. La deu-deuxième fois, vous en ferez le moins possi-ssible.

Contre toute attente, c’est en cherchant à faire beaucoup de fautes que j’appris à en faire moins. Et c’est une bègue qui me sauva de ma dysorthographie. La méthode des contre-dictées vint à bout de mes déficiences. Pour commettre des erreurs, il faut s’interroger sur la règle donc la manipuler et pratiquer, d’une certaine façon, une vigilance grammaticale. Qui a dit que c’est en cherchant à rejoindre un but qu’on l’atteint effectivement ? Qui a dit que les stratégies directes étaient les plus pertinentes ?

P 120-122 : (extrait de Tout est possible)
La jactance de Babette  m’a tout de suite séduit ; elle est bien de ces marathoniennes de l’audace, doublée d’un tempérament incendiaire. Depuis des années, Babette expérimente au collège en faisant fi de toute pratique raisonnable ou seulement prudente ; car son quotidien l’a persuadée que le diagnostique d’orientation ne définit pas le potentiel des élèves, il me crée.
- Une fois un bilan établi, m’explique-t-elle avec virulence, on invente une pseudo-réalité qui le justifie ! En bricolant des interprétations du parcours scolaire ou pénale du môme, de ses origines sociales ou nationales. Et le processus n’arrête plus ! Ce foutu bilan finit par être accepté par l’ado qui, en général, s’y conforme !
- Comment pouvez-vous en être sûre ?
- Cela fait dix ans que je donne deux recommandations d’orientation à tous les jeunes que je reçois, dont une tirée au hasard mais valorisante et folklo. Sans le leur dire. Eh bien, figurez-vous que dans 70 % des cas les gamins prennent l’orientation hasardeuse ! Et ils y parviennent ! Ma suggestion crée leur potentiel.

Et moi, ai-je laissé suffisamment le hasard gouverner mes orientations ? Ne me suis-je pas enlisé dans ce que je m’attends à vivre ? En m’interdisant d’apprendre ce que je ne me voyais pas apprendre. Ce jour-là, à Garges-lès-Gonesse, cette extravagante croupière m’a appris à relancer les dés. Je me suis même mis à cuisiner avec aplomb des risottos. La confidence qu’elle me fit en me raccompagnant jusqu’à ma voiture acheva de me convertir aux bienfaits du désordre :
- Vous savez ce que je fais quand ma vie est bloquée ? Du stop ! C’est en levant le pouce que j’ai rencontré les façons de penser les plus inattendues…
- Du stop… mais pour aller où ?
- Là où l’on trouve des antidotes contre la mièvrerie et l’attendu, pardi ! me lança-t-elle avec son incessante bonhomie.

P 139-141 Mme Eléphant a une idée

Mon ami Dominique est secrétaire général de l’Education nationale. Son costume de grand commis de l’Etat ne fut jamais une livrée, souvent un costume de toréro, parfois un habit de pierrot. Je sais des choses inouïes de poésie sur ce personnage bridé et sobre en épithètes : Cécilia me fournit de temps à autre, à titre gracieux, un petit rapport sur ses activités réelles ; ainsi que sur certains de mes proches. Son génie de la filoche et de la planque inattendue fait merveille. J’aime connaître l’envers des vies officielles, souvent plus touchant que la devanture. Et ce goût, en vieillissant, ne fait que s’affirmer. Un soir, Dominique m’appelle du ministère. Sa voix de caudillo hilare, habituée à se briser dans les impératifs, se fait douce cette fois :
- Allô ? J’ai dans mon bureau quelqu’un pour toi, Mme Eléphant, proviseure d’un lycée en Haute-Marne. Saute sur ton scooter, on t’attend.
Je déboule et arrive… en retard rue de Grenelle. Mme Eléphant a dû filer pour une pas rater un train pressé. Dominique, torse nu (quand il travaille seul au ministère, tard le soir, il ôte sa cravate et se met volontiers en tenue de fakir)me raconte toute l’affaire. Cette proviseure émérite, bien noté malgré ses foucades, connue pour son coffre et sa motivation baroque, a écrit au rectorat il y a quatre mois. Sa déclaration d’intention a cette fois jeté un froid dans les corridors de l’Administration : « Puisque l’action éducative ne peut plus avoir lieu normalement dans mon établissement, je cesse de faire semblant. Désormais, je m’emploierai à faire échouer les élèves ; ce qui, après tout, ne saurait aggraver la situation. Ma position sans ambiguïté aura au moins le mérite de tirer la sonnette d’alarme. »
- L’équipe enseignante, les élèves et les familles découvrirent avec stupeur le lundi matin la nouvelle ligne de la Proviseure : foncer avec véhémence vers l’échec ! Tout le monde s’en émut. A quoi rimait une telle attitude ? Les parents interloqués, se mobilisèrent. La presse locale s’en indigna (enfin !) Les professeurs déclarèrent qu’il fallait réagir (enfin !) : ils voulaient bien rater leur scolarité avec mollesse mais pas qu’on leur imposât une disqualification obligatoire. Le désarroi de Mme Eléphant était parvenu à désorganiser le désordre.

Ce coup de folie revigora les enseignants qui avaient baissé les bras, ranima la maigre vigilance des familles et plaça les élèves dans la surprenante position de réclamer plus de sévérité. L’action éducative put redémarrer dans ce coin étiolé de Haute-Marne.
Dominique me donna le numéro de téléphone de Mme Eléphant. Femme honnête et fine stratège, elle me livra la clé de sa manigance :
- Savez-vous monsieur l’écrivain comment on éteint les incendies pétroliers les lus virulents ? En faisant éclater une bombe. L’effet de souffle est la seule solution !
- Vous étiez certaine de votre stratégie ?
- J’ai la certitude que lorsque les gens ont cessé d’être raisonnables, il faut leur parler autrement.

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13 juin 2008

Eduquer aux médias, la finalité première et... dernière

Souvent, dans les débats concernant le métier que j'exerce, on est amené à parler de la modalité par laquelle l'Education aux médias trouve sa place dans la stratégie de formation.
Les enseignants viennent-ils à nos programmes avec une demande spécifique d'Education aux médias, ou est-ce nous qui les y amenons ?

J'ai encore répondu dernièrement à cette question sur un blog en écrivant ceci :

Les profs qui viennent en formation pour les Tices sont d'abord demandeurs d'informations pratiques au niveau technique. C'est le : "Comment ça marche ?"
Puis vient le second questionnement : "Qu'en faire en classe ?" C'est la pédagogie assistée par les Tices.
Certains se posent aussi parfois la question : "Comment l'enseigner ?" C'est la didactique des Tices.
Et pour beaucoup, on s'arrete là... se disant, c'est déjà beaucoup d'efforts et de temps consacrés à cette nouvelle instrumentation de nos pratiques.
A mon sens, l'Education aux Médias réclament une prise de distance critique qui pose la question "Qu'est-ce qui se passe quand ça se passe ?". C'est-à-dire : Quand ça marche (ou que ça ne marche pas) et que je m'en sers en classe, moi le prof, moi l'élève... qu'est-ce que j'enclenche comme processus nouveau (pour l'instant), spécifique (par rapport à d'autres stratégies possibles) et particulier (nous sommes dans le jeu de la communication, et le média c'est aussi le message... Mac Luhan). De sorte que je prenne mieux conscience de ce qui est en train de se passer et que je le valide ou le rectifie, ou l'assume plus ou moins bien.
C'est le questionnement spécifique de l'Education aux médias, à mon sens.

Mais on pourrait y voir un parallèle avec d'autres questionnements critiques du genre : Qu'est-ce qui se passe quand j'enseigne dans un système scolaire qui a des principes x ou y... ( transmission, répétition, sélection, standardisation, homologation...) ? Et je peux rencontrer des situations pointues qui m'invitent à une lucidité aigüe, du genre : Comment est-ce que j'analyse le système quand mes enfants sont dans celui-ci, quand je les ai dans ma classe, par exemple...

Ce questionnement de l'éducation aux médias doit être intégré dans les apprentissages un et deux (CCM et qu'en faire en classe)... sinon les profs n'arrivent jamais à ce dernier questionnement. C'est en tout cas notre/ma pratique en Belgique francophone.

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30 novembre 2007

Réseau social

Pour ceux qui s'intéresseraient à l'émergence des réseaux sociaux, il y aurait lieu de suivre d'un peu plus près le succès que connaissent certaine plates formes auprès des internautes de la seconde génération. Il y a les wikis à propos desquels je vous promets un développement d'ici peu... et puis le désormais incontournable Facebook vers lequel pointent de plus en plus de regards... analytiques et critiques. Par exemple, celui de notre amie Clic de clicland.

Visit Bordel de Mer

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22 octobre 2007

On est tous concernés, on n'a pas le choix

Pour une fois, mais la raison est d'importance, la ligne éditoriale de ce blog sortira des sentiers battus de l'Education aux médias pour relayer une préoccupation qui doit être partagée par tous.
Mobilisons-nous à quelques degrés que l'on soit... "face aux quelques degrés qui s'annoncent" !

Prenez connaissance de cette émission pleine de sagesse :

   
 
Une émission spéciale de l'information consacrée au réchauffement climatique  
       
     
 

Mercredi 17 octobre - 20h50

proposée par Paul Nahon
préparée par Jean-François Gringoire et Francine Raymond
présentée par Marie Drucker
réalisée par Olivier d’Angély

Cliquez sur la photo pour voir cette émission

 
   
 

Marie Drucker depuis les Saintes-Maries de la Mer, en Camargue

Dans 50 ans, la température de notre planète aura augmenté, c’est n’est plus une question, c’est une certitude.  Le réchauffement climatique n’est pas pour demain, il a déjà commencé.  L’enjeu, est de limiter cette hausse à 2 degrés. Si dès aujourd’hui nous ne changeons pas nos habitudes de vie, la catastrophe est inéluctable : 4 milliards d’humains manqueront d’eau et d’autres seront touchés par les inondations. Si nous voulons qu’en 2050 notre planète soit vivable, alors que nous serons 9 milliards d’hommes sur la Terre, nous devrons avoir divisé par 4 nos émissions  de gaz à effet de serre.  C’est le grand défi du XXIe siècle.  Seule planche de salut : une diminution drastique et radicale de notre consommation d’énergies fossiles : pétrole, charbon et gaz. Habitat, transports, production industrielle et agricole, consommation… nous devons tout repenser. Quel sera le scénario des décennies à venir ?


Parution en ligne à l'adresse : http://info.france3.fr/encadres/35046861-fr.php

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