02 novembre 2009
Je n'oserais jamais dire "jamais"

D'une certaine façon, l'article que j'ai lu ce matin va plus loin que certains autres qui ont déjà ouvert ma réflexion sur l'introduction du jeu en classe et sur les aspects ludiques des situations d'apprentissages.
Ce qui est particulier ici, c'est l'expérience pilote d'une immersion dans le monde du jeu pour faire des apprentissages. Avec des pistes d'exploitation (pas encore bcp décrites, il est vrai, de réalité augmentée/alternée ?).
Dans la foulée, je n'oserais jamais dire jamais... si on m'annonçait que ce type d'activité prendra peut-être le dessus... plus tard... dans les stratégies pédagogiques.
Et si un jour, on en venait à regarder avec un jugement de désuétude, ces activités d'apprentissages systématiques d'aujourd'hui qui conditionnent nos jeunes dans des stéréotypes de comportements apprenants. Non pas pour dire qu'elles étaient inefficaces ou déplacées... juste "d'un autre âge".
Comme cette pratique dont mon grand-père tirait grande fierté... d'avoir traduit plus de 1200 vers grecs en français, dès sa première année "d'humanité".
Lire http://www.elearning-africa.com/newsportal/english/news205_french.php
28 septembre 2009
Les classes changent
Les changements sont déjà perceptibles dans l'équipement.
Que dire du reste !
Bon article de Jean-Marc Manach, via Francis Pisani, sur InternetActu
16 juin 2009
La pub... ca paye !
InterMédias en clôture de saison, évoquait ce 15 juin la place occupée par la publicité (ou plutôt faudrait-il dire les recettes publicitaires) dans le champ de la télévision.
Un compte rendu de cette émission mais aussi et surtout une webographie sur la problématique sont accessibles sur le serveur de la RTBf.
Les profs intéressés par ces questions d'économie des médias seront ravis !
23 février 2009
Ca fait gagner du temps, ce genre de partage
C'est François Guite qui schématise de la sorte le compte-rendu qu'il fait de bonnes lectures :
sur l'i-generation
- Dans Growing up Digital: The rise of the Net Generation, Don Tapscott identifie huit changements paradigmatiques associés à l’apprentissage interactif (Innovate : The Knowledge Building Paradigm: A Model of Learning for Net Generation Students)
- Helen Sword et Michele Leggott de l’Université d’Auckland proposent sept principes d’éducation pour la i-génération (Innovate : Backwards into the Future: Seven Principles for Educating the Ne(x)t Generation).
Cela fait gagner un temps énorme de pratiquer de la sorte : non seulement il traduit, mais il schématise en mettant en parallèle les deux sources.
Je ne résiste pas à l'envie de compléter la démarche en vous la donnant à connaître, même si la réflexion est contextualisée en 2007 (lire aussi les commentaires de l'époque) !
En 2009, l'école a-t-elle assimilé la proposition. A vous de voir...
11 janvier 2009
Bonnes lectures
La blogosphère chauffe, en ce début janvier.
Blogging et apprentissage. Apprentissage et nouvelles technologies. Part du jeu dans les apprentissages. Place de l'effort dans l'acquisition de la connaissance.
- Un point de départ : la réflexion de Mario Asselin : Pourquoi il blogue... (lire aussi les échanges de MArio avec Christian Rioux, journaliste, en complément (dans la discussion qui suit, en bas de page)
- Le texte évoqué par Mario, de Michel Dumay sur Marc Prensky, l'auteur communément admis du concept de Digital natives... Une excellente prise de position sur les Tices dans l'enseignement
- Le débat sur l'effort dans le travail qui démarre au coeur d'une discussion sur Apprendre 2.0, à l'initiative d'un post de Gaël Plantin
30 septembre 2008
Information literacy ?
Certes, l'Education aux Médias ne concerne pas que la communication médiatique de l'information, car elle s'occupe aussi de tout autre contenu (de divertissement et d'éducation, par exemple), en vue d'éveiller à la construction d'un esprit critique chez le spectateur, ou d'habiletés communicationnelles chez le médiacteur, quand il produit ses propres supports. Mais force est de constater que, parmi les ressources en provenance de l'étranger et qui abordent et décrivent cette préoccupation, on trouve diverses façons de la nommer qui tirent en des sens divers.
C'est pourquoi je fais le lien avec cette question, "Avez-vous une culture informationnelle ? que reprend Florence Meichel sur son blog, en écho de l'article de Jean-Marie Leray.
Ces deux lectures me confortent dans l'idée que, en Education aux médias (qu'on l'appelle Média literacy, Information literacy, Digital literacy ou encore Webcitoyenneté '1') nous oeuvrons quotidiennement dans une élaboration tâtonnante d'habiletés d'information (information skills) pour atteindre la logique de cette Proclamation d'Alexandrie à laquelle JM Leray fait référence également.
Et j'aime la modestie avec laquelle il décrit l'opération, aussi peu "maîtrise"... tout en reconnaissant sa nécessité au point de parler d' un droit humain de base dans un monde numérique qui apporte l'intégration de tous les peuples.
Chute 1 : Allez... demain, on aura encore du travail !
Chute 2 : Décidément, je me sens bien avec cette idée que la connaissance se construit chaque jour et que la collaboration entre praticiens aide chacun à se forger une expérience personnelle dans laquelle les échecs tout autant, si pas plus que les réussites, sont sources d'apprentissages.
Complément
Je ne résiste pas à l'envie, un jour plus tard, de vous envoyer ici , (passez outre de la page Forbidden 403 en cliquant sur le lien Bypass) tellement, j'ai l'impression que nous exprimons les mêmes choses... :-)
05 septembre 2008
Apprendre à marcher sur la plate-forme d'un TGV
C'est sur son blog que Bruno Devauchelle amorce un propos intitulé "Parallèle ou séquentiel ?" que j'ai commenté de la façon qui suit :
Sans doute peut-on accentuer vos propos, s’il s’agit de parler “des jeunes”… car c’est une corporation tellement hétérogène (tout autant que “les adultes”, d’ailleurs) qu’il est d’abord dangereux de généraliser à leur sujet.
Mais je poursuis bien volontiers avec vous, si c’est pour reconnaître que l’école n’est qu’un moment du parcours de chacun (à côté d’autres milieux, bien influant eux aussi) et qu’il serait bien présomptueux d’affirmer une fois pour toute que tel ou tel jeune a -ou n’a pas (et a fortiori définitivement)- ces capacités et compétences que l’on doit approcher, selon les programmes.
Loin de moi de tout relativiser en matière d’évaluation scolaire, mais je pense que l’école doit avant tout accompagner autant que faire se peut, en reconnaissant qu’elle pratique une alchimie inexplicable.
Bien sûr, la concentration semble être un élément incontournable d’une attention toute tournée vers les apprentissages. Mais comme vous le dites, “Le cadre de vie actuel promeut l’idée d’une très grande mobilité mentale et attentionnelle”. Et puis aussi : “L’instantanéité, la vitesse, la proximité, l’ubiquité sont des éléments du quotidien qui ne cessent de se développer au coeur même des modes de vie.”
Comment les jeunes d’aujourd’hui apprennent-ils ? Je ne le sais que très peu (comme la plupart des profs, je pense) ! Apprennent-ils comme avant ? Certes non ! Mais je me refuse à hurler avec certains loups qui déplorent ce qu’on ne leur apprend plus à l’école… et toutes ces pertes de temps que constituent l’approche des Tices (qui ne seraient que des techniques) ?
Comme vous le dites bien : “les objets d’attention qui ont changé de nature. Encore faut-il que l’école les identifie et qu’elle sache les mettre en oeuvre de manière pertinente au lieu de tenter de s’arcbouter sur ce qui “marchait dans le temps’”. Je souligne volontiers…
Quand l’école tente d’identifier de quoi les jeunes ont besoin, elle doit regarder en avant et assez loin, même (et non vers un passé dépassé) et elle doit se rendre à l’évidence que le corps professoral, s’il fait bien son métier, apprend lui aussi chaque jour.
L’école est sans doute plus (et tout autant pour les profs que élèves) un lieu d’apprentissage que d’enseignement, sauf à admettre que d’enseignement, il n’y en a que de mutuel.
Je ne sais si, en fin d’année, il doit y avoir un devoir de réussite… à tout le moins, y avait-il chaque jour un devoir d’entreprendre et de collaborer.
En ce sens, les Tices sont alors non seulement des objets d’apprentissages mais se révèlent aussi de fabuleux outils d’apprentissages (Education aux médias et éducation par les médias).
Sans doute n’est-ce pas pour rien que des pédagogues chevronnés
continuent de réfléchir à ce que devient l’apprentissage quand il est
affublé d’un 2.0
Si tout était si simple (est-ce d’ailleurs si simple ?) que la
transmission des tables de multiplication ou des fables de La Fontaine,
ils ne se poseraient pas tant de questions… Vous et moi non plus !
C’est sur le plancher d’un TGV lancé à T.G. Vitesse qu’il nous faut
aujourd’hui apprendre à marcher à nos enfants ! (parallèle et
séquentiel à la fois ). L’exercice est plus périlleux et pour eux, et
pour nous !
Mais c’est un métier passionnant…
20 juin 2008
Entre Enseigner et Apprendre : la notion d'apprenance
C'est Florence Meichel, animatrice du réseau social Apprendre 2.0 qui nous pointe cet exposé (audition publique) de Philippe Carré (janvier 2006 - déjà).
L'auteur, intervenant pour le Comité mondial pour l'éducation et la formation tout au long de la vie, développe une réflexion avec laquelle je me trouve très en phase. Définition de l'Apprenance, mais aussi relecture du rôle de l'enseignant, du formateur...
Si nous recadrons tout ceci dans l'univers technologique que nous connaissons aujourd'hui, la vidéo mise en exergue par Emilie Ogez sur ce même réseau Apprendre 2.0 n'en révèle que mieux sa pertinence et son actualité.
Enseignant, formateur, un "métier nomade"... pour une "pédagogie embarquée", dirait Jean-Pol Moiraud
17 juin 2008
Rapport de l'UNESCO en matière d'éducation aux médias
Certes, la production date déjà de 2006 et est le fruit d'un processus de création qui devrait être commenté pour le recontextualiser... mais nous avons là une mise à plat de concepts et de stratégies sur lesquels s'accordent bons nombre de professionnels de l'éducation aux médias en Europe.
Je me fais donc un plaisir de vous donner à lire ce document.
Pour rappel, la Communauté française de Belgique a, elle aussi, son référent en la matière. Il est toujours accessible en ligne, même si l'édition papier est aujourd'hui épuisée.
16 avril 2007
Vous posez-vous donc la question ?
Après l'épisode "Harry, interim gagnant", lors duquel la France
s'interrogeait sur sa capacité à suivre quotidiennement un JT présenté
par un homme de couleur, nous assistons, avec les présidentielles
actuelles, à un joli examen de conscience sur les capacités des
Français à se voir gouvernés par un président... féminin.
Poser la question, n'est-ce pas déjà y donner une réponse ?
Je vous mets en copie, ci-dessous, un texte de l'écrivaine Benoîte Groult paru dans Le Monde du 10.04.07, sous le titre : "Ségolène et les "papas".
" Naïvement, après cinquante années de luttes pour l'égalité hommes-femmes et plus de cinquante ans après Le Deuxième Sexe, écrit par celle que l'on allait surnommer l'aïeule du féminisme, Simone de Beauvoir, je croyais la misogynie à bout de souffle. Une erreur à ne pas commettre si l'on veut comprendre ce qui se passe dans cette campagne hors normes que mène Ségolène Royal. Il aura suffi en effet qu'elle devienne la candidate du PS à l'élection présidentielle pour que refleurissent tous les clichés, les plaisanteries éculées qui se veulent désopilantes, et les grivoiseries bien françaises de la misogynie de papa.
Les femmes, pourtant, ont davantage changé en un demi-siècle que durant tous les siècles passés. Elles ont obtenu que de nombreuses lois soient votées pour assurer leur liberté et promouvoir leur égalité. Mais une composante de notre caractère national n'a toujours pas évolué : la misogynie. Elle est restée fraîche et joyeuse, spontanée et satisfaite, comme au premier jour où la première femme - qui pourrait s'appeler Olympe de Gouges, par exemple - a osé dire : je suis un être humain et je revendique à ce titre tous les droits humains que s'est appropriés l'homme jusqu'ici. Je ne rappellerai pas ici les phrases assassines ou ridicules qui ont accueilli Ségolène Royal lors de son investiture. Elles ont assez surpris, venant souvent d'anciens ministres socialistes, pour être restées dans nos mémoires. Fabius, Allègre, Charasse l'ont paternellement mise en garde contre une ambition démesurée. D'autres se sont paternellement inquiétés : la femme est un être fragile, aurait-elle les nerfs ? la carrure ? Signalons qu'on n'ose plus parler de nerfs à propos de l'impavide Ségolène, dont Simone Veil a déclaré récemment respecter le grand courage : "Même physiquement, elle a un sacré tonus et incarne un symbole fort que je salue."
Je ne soulignerai pas non plus l'absence tonitruante d'enthousiasme
de la part des éléphants (sauf Lang), ou plutôt des crocodiles,
scandalisés de ne pas rester entre mâles dans leur marigot et qui,
frustrés, sembleraient presque disposés à laisser couler le Parti
socialiste plutôt que d'assurer la victoire d'une femme au poste
suprême, qu'ils estiment avoir congénitalement vocation à occuper. De
droit divin, en somme. Dieu n'est-il pas toujours mâle dans nos trois
religions monothéistes, qui ne se soucient guère de parité ?
Enfin,
je ne m'étendrai pas sur le "pacte présidentiel", les 100 propositions
de février, les 500 000 emplois-tremplins promis aux jeunes, etc. La
vraie campagne est entrée dans une phase décisive, avec meetings dans
de nombreuses villes où la candidate, sans complexe et proche du
terrain, espère renouer avec la magie de ses débuts. Son destin et
notre avenir vont se jouer là, et il va de soi que c'est par rapport à
son programme plus qu'à sa personne que se détermineront les électeurs.
Et
pourtant, je voudrais débusquer un phénomène plus obscur et plus
profond, qui s'articule au plus secret de notre inconscient, là où
s'enracinent les fondements de nos comportements d'hommes et de femmes.
On observe en effet un décalage troublant entre l'avalanche de sondages
positifs qui ont salué l'apparition de Ségolène Royal dans cette
campagne et les signes de crainte ou d'alarme qui sont apparus depuis
peu dans l'opinion et qui se transforment chez certains - et certaines
- en rejet d'une violence inattendue.
Comme si les Français
s'apercevaient soudain qu'il est en train de se passer quelque chose de
totalement inédit et qu'ils ne se sentaient pas mûrs pour l'accepter.
Comme s'il s'agissait encore et toujours d'une transgression de notre
vieille loi salique. L'expérience montre en effet qu'à chaque fois
qu'une femme remet en question l'accord tacite qui réserve aux hommes
les hautes fonctions du pouvoir, chaque fois qu'elle prétend s'intégrer
par le haut dans des structures jusque-là masculines, apparaît un
élément imprévu, qui ressortit à des pulsions archaïques, inavouées et
inavouables, la renvoyant aux sources millénaires de son identité.
Or
une élection présidentielle se joue en partie sur le symbolique. Et
c'est parce que je ressens encore des traces de mon sentiment
d'illégitimité en tant que citoyenne (on ne naît pas impunément en 1920
!) que je me pose une question : combien de femmes, au moment de
glisser leur bulletin dans l'urne, vont-elles, mues par un atavisme de
soumission, de confiance en papa, se décider finalement pour Sarkozy ?
Ou pour Bayrou (bien qu'il ait une image moins "viriliste" et
agressive) ? Combien d'hommes très fair-play qui ont affiché leur
soutien à une femme vont finalement se rallier à un candidat "normal" ?
Une
philosophe et une romancière ont très pertinemment décrypté le
phénomène. "Je vois une angoisse machiste dans l'hostilité à la
candidate", a écrit Sylviane Agacinski, dans son dernier livre. "Joli
visage qui brigue le pouvoir, c'est excitant", note Pierrette Fleutiaux
dans Libération. Le même visage en position d'y accéder, stop, danger
!... Fondamentalement, une femme ne peut être que futile, dépensière,
ignorante des vrais dossiers, même aux yeux de certaines femmes "hélas
formatées pour penser contre elles-mêmes et contre leur sexe". Vous
n'allez tout de même pas voter pour Ségolène parce que c'est une femme,
me dit-on ? Ce serait de la misogynie à l'envers ! Et alors ? Il en
serait temps. Nous avons subi la misogynie à l'endroit depuis tant de
siècle sans protester ou si peu !
C'est parce que je suis née de
sexe féminin que je n'ai été autorisée à voter qu'à 24 ans, en 1944.
C'est parce que je suis née de sexe féminin que je n'ai pas eu le droit
de rentrer à Polytechnique ou à l'Académie française (avant d'être une
vieille dame), ni d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation d'un
père ou d'un mari. C'est parce que je suis née de sexe féminin que j'ai
publié mon premier livre sous le nom de mon mari, Paul Guimard, par
modestie ou autodépréciation. Etre une femme m'a longtemps desservie
dans la société en termes d'épanouissement et de réussite. Il me semble
que la victoire de la "France présidente" serait un symbole fort. Le
signe que nous sommes enfin majeures, des hommes comme les autres, et
que nous ne nous considérerons plus comme le deuxième sexe."
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Benoîte Groult est écrivain.

