SESuivre un événement à distance via Twitter est sans doute une nouvelle compétence d'aujourd'hui.
Certes, cela demande une appropriation technique et mentale du côté de celui qui suit l'événement... mais aussi une dynamique communicationnelle adéquate de la part des organisateurs de l'événement.

Pour le colloque Ecole pour tous, école pour chacun organisé par l'Ecole de demain, on n'avait visiblement rien négligé. Non seulement un flux twitter avec haschtag spécifique (#colloqueSE) relayait bien l'évolution des débats, mais un texte partagé en mode lecture affichait aussi en ligne l'évolution des notes prises en direct. Une page Facebook devait aussi avoir été dédiée à l'événement, à moins que ce ne soit tout simplement celle de Ecole de demain qui servait de lieu de publication. Mais avec deux outils en parallèle, en sous tâche (eh oui... je continuais à travailler... sinon, je serais bien allé sur place !) je trouve que c'était déjà suffisant.

Du propos des quatre intervenants, convoqués à s'exprimer sur la différentiation dans l'école d'aujourd'hui, je retiens ces idées importantes que j'ai réentendues et qui me tiennent à coeur

  • Le principe d'éducabilité de tous... dans l'idéal (républicain) et dans les faits... si on s'en donne les moyens et les méthodes
  • Le fait que l'on ne puisse admettre que pour réussir, il faut que d'autres soient en échec
  • Le fait que dans son organisation, l'école si on n'y prend garde, peut s'avérer inégalitaire, voire même source d'inégalités... l'école fonctionnant encore trop souvent pour sélectionner et donc discriminer... négativement, l'école ayant des profs formés pour enseigner massivement à des classes d'élèves moyens, la classe étant encore trop souvent rêvée homogène, à l'inverse de ce qu'elle est... toujours : hétérogène !
  • L'idée que l'on peut réussir sa scolarité sans pour autant avoir réussi ses apprentissages... (La réussite des apprentissages n’est qu’un des facteurs de la réussite scolaire. On peut paradoxalement réussir ses études sans avoir réussi ses apprentissages !)
  • L'idée que ceux qui réussissent ont intégré la compréhension du système scolaire à la façon des profs qui l'ont mis en place (Pour réussir ses études, il faut utiliser sa culture au sein de l’institution, pour décrypter les implicites. Les élèves qui réussissent savent utiliser la compétence professionnelle des enseignants.)

Et encore d'autres choses, certes...

J'ai eu juste une hésitation sur la visible crainte que l'on aurait de provoquer l'effet Pygmalion en différentiant... alors que je l'ai toujours vu et compris positivement... (Ah, si j'avais été sur place, j'aurais posé une question !) (1)

Mais en finale, je retiendrai la question suivante que j'associe avec une autre... lesquelles constituent des ébranlements intéressants de l'école d'hier :

  • Et si on faisait (tout simplement) disparaître la classe, (sans pour autant perdre le bénéfice de l'apprentissage collectif, bien sûr)

et juxtaposée avec ceci, une autre question émergée des lectures de ces dernières semaines :

  • Et si on faisait examen à "Internet ouvert" ?

J'aime l'ébranlement des fondamentaux qui ne sont peut-être pas si porteurs que cela, après tout !

 

 

 

(1) L'effet Pygmalion est un terriblement bon ressort si l'enseignant croit en ses élèves... Une conviction que j'ai nourrie dans un projet pédagogique, il y a plusieurs années et  que j'avais d'ailleurs nommé "Galatée"