Réflexion prospective sur l’usage des NTIC à des fins didactiques
Ce n'est pas couramment que l'occasion se présente pour un formateur de mettre par écrit un certain nombre des principes qui guident sa pratique pédagogique au quotidien. Et donc, la demande qui m'a été faite de préciser rapidement quelques uns d'entre eux, pour formaliser une réponse à donner à un interlocuteur commanditaire... m'ouvre le champ.
Cela dit, je le reconnais, à la façon de Cyrano, on pourrait dire en somme bien d'autres choses encore...
Mais voilà, je me suis arrêté à ces quelques idées qui renvoient d'ailleurs à la littérature de quelques autres qui alimentent ma réflexion. Merci à eux.
Une petite remarque d'abord :
L’appellation Ntic et Tice sont, de fait, dépassées… et l’usage plus approprié est sans doute à chercher du côté du « numérique »… si tant est qu’il faut trouver une désignation à ce (nouveau) contexte technique qui fait suite au passage de l’oral à l’écrit et du manuscrit à l’imprimé.
et un constat de départ :
Dans la vie de tous les jours et aussi dans le monde des entreprises (qu’il s’agisse du marchand ou du non-marchand), on utilise des outils appropriés pour communiquer, apprendre, produire et aussi réaliser des tâches complexes où la collaboration et le travail d’équipe atteignent des résultats auxquels on ne peut prétendre seul. Ces outils parfois coûteux se nomment téléphonie, informatique, internet. Ce sont des outils professionnels à haute valeur ajoutée que les pays émergents nous envient parfois à juste titre. Depuis quelques années, déjà, la portabilité et la démocratisation de ces technologies ont même permis d’en doter la large population de nos adolescents. Jusqu’à quand l’école continuera-t-elle d’estimer qu’au sein de ses murs, l’usage de ces interfaces intelligentes est à proscrire, elle qui a pour mission de former les citoyens de demain ? Et si elle s’engage dans la voie de l’intégration, quels moyens se donnera-t-elle pour exceller dans cette ambition ? Le premier de ceux-ci (moyens) étant sans doute d’abord de changer son point de vue sur l’acte d’apprendre (paradigme) à l’heure du numérique.
1. Pour l’enseignant, l’intégration de cette médiation numérique de savoir comporte 4, voire 5 volets
- S’initier à la technique (apprendre les bases de la bureautique, s’approprier des logiciels dédiés aux tâches que l’on veut entreprendre).
- Intégrer cette technique dans la préparation de ses cours, ce qui revient à découvrir le potentiel de l’outil. Les enseignants formés aux ressources livresques, en ce sens, sont des « Mutants » et doivent entamer une conversion.
- Envisager des intégrations numériques dans l’acte d’enseigner : le numérique devient alors un support médiatique… mais ce n’est pas pour autant que la pédagogie change… un powerpoint, un TBi peuvent n’être qu’un subterfuge technique.
- Saisir l’opportunité du détour de l’Education par les médias pour faire de l’Education aux Médias, c’est-à-dire observer, comprendre, critiquer et tirer profit de « ce qui se passe pendant que cela se passe » au niveau médiatique.
- Changer sa pédagogie en reconnaissant que les élèves ne sont pas des mutants mais des natifs numériques. Il n’y a pas 36 solutions : la pédagogie doit être participative, active et, inévitablement aujourd’hui, collaborative.
2. "Le système éducatif que l’on connaît aujourd’hui a été conçu au XIXè siècle pour répondre à la révolution industrielle et former des cadres supérieurs qui allaient diriger des ouvriers. C’est donc une institution très élitiste, où le plus important est d’être bien classé et d’avoir de bonnes notes. Or, ce système n’est plus en phase avec le monde d’aujourd’hui. Au Danemark, le corps éducatif s’est rendu compte que les seuls jours où les élèves n’avaient pas accès à Internet étaient les jours d’examen. Mais, prépare-t-on les élèves à passer un examen, ou à vivre dans un monde où Internet est présent tout le temps ? Du coup, les Danois ont maintenant accès à leurs livres et à Internet pendant leurs contrôles, et ce qu’on teste n’est plus leur capacité à mémoriser des informations et les reproduire, mais à les chercher et à confronter les sources."
http://levinvinteur.com/leducation-a-lere-du-numerique
3. Une des implications majeures de la dimension numérique dans l’enseignement est le décloisonnement spacio-temporel de la classe.
- Sans doute faudra-t-il imaginer une généralisation plus grande à l’avenir, d’un plan individuel d’apprentissage (PIA) lié au Projet Personnel de l’Elève (PPE) (Cf http://www.google.be/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&ved=0CDQQFjAA&url=http%3A%2F%2Fadmin.segec.be%2Fdocuments%2F5673.pdf&ei=3l5uUcGIGejX0QXA_oDgBA&usg=AFQjCNEs420Jxbr2vUiDX7XeV5z62ORdkg&bvm=bv.45368065,d.d2k )
- De plus en plus, l’apprenant concentrera en un porte-folio (un site, un blog, un ENT) toutes les pièces attestant du parcours réalisé, et nécessaires à son évaluation et à sa certification.
- La dimension « production » sera centrale… s’inscrivant en cela dans la droite ligne des pédagogies actives telles que développées par John Dewey, Célestin Freinet ou Adolphe Ferrière.
- La classe inversée (Flipped classroom) est un concept qui refait surface pour redonner au temps scolaire sa mission première : tirer profit de l’accompagnement du maître pour travailler ce qui, par ailleurs, a été transmis préalablement et approché d’initiative par l’apprenant. (Cf. « Tout est transmis » de Michel Serres, situant alors l’essentiel ici : ce qu’il faut, c’est se l’approprier pour le transformer en compétences.)
4. Approcher l’univers technologique comme une nouveauté –dès lors inquiétante- comprenant toute une série de dangers dont il faudrait faire l’identification et la prévention est contre productif car
- pour les jeunes « natifs numériques » qui sont « de ce monde » ce discours est anachronique (etfactuellement, ils ont raison)
- il révèle un fossé intergénérationnel dont ils ne sont responsables, ni de l’apparition ni de la résorption
- il n’offre d’autres solutions aux jeunes, que de cacher ce qu’ils font de cette technologie à cette génération qu’ils jugent dès lors complètement dépassée. (Cf Danah Boyd : « la tentation de l’hyper-contrôle constitue une anti-éducation qui renforce le clivage entre les générations, conduit les adolescents à refuser tout contact avec les adultes, et leur apprend à mentir »).
5. Concevoir « une séquence de leçon » s’apparente sans doute plus aujourd’hui à la mise en place d’un environnement –notamment numérique- de travail avec des tâches à réaliser sur base de l’exploitation de ressources bien choisies. Cette exploitation est à envisager dans et hors du temps et de l’espace de travail de la classe, individuellement et collaborativement, le professeur n‘étant pas le seul animateur de la démarche. En effet, une dynamique tutorale partagée doit certainement trouver à se développer, de sorte que les interactions soient multiples et accessibles au moment où le bénéficiaire en a besoin. Et inévitablement, le temps de travail online de l’enseignant devra-t-il être reconnu et valorisé pour l’appréciation de sa charge horaire de prestation, car il prendra à l’avenir une part de plus en plus importante.
6. Il apparaît aussi que les outils n’étant que des instruments, la formation de l’utilisateur devra se faire sur les stratégies numériques, de sorte à pouvoir à tout moment les transférer sur de nouvelles machines et les exercer à travers de nouvelles interfaces aux nouvelles fonctionnalités. Si des choix doivent être faits, on privilégiera les infrastructures et usages qui sont déjà au cœur des pratiques des jeunes, de sorte à bénéficier de leur appropriation acquise. Ce choix permettra de mettre l’essentiel de l’effort sur la réflexion critique (EAM) dans l’usage, qu’il soit pédagogique ou para scolaire.
7. En ce sens, le pédagogue devra s’intéresser aux pratiques ambiantes pour saisir toute nouvelle opportunité. On nomme ce travail « veille technologique ». Celle-ci aussi fera désormais partie de la charge horaire de l’enseignant et devrait être comptabilisée à juste titre. Cette reconnaissance pourrait être d’autant plus valorisée que ce travail online s’exprimerait aussi en partage de ressources produites et/ou identifiées-republiées à destination de réseaux collaboratifs en ligne. Il y a en effet à soutenir et promouvoir toute initiative de collaboration entre experts pédagogiques qui, encore trop souvent, gardent jalousement pour eux un travail qu’ils font dans le cadre d’un service public devant profiter totalement à ceux pour qui il est financé.
Dans le cadre du Mooc ReSop : Question à François Jourde (4ème semaine)
A propos des Fakebooks comme processus pédagogiques
La question a surgit dernièrement dans une conversation entre praticiens en Education aux Médias : « Régulièrement prescripteurs d’usages et d’outils sur le net en formation, comment nous situer face à ces détournements « à des fins pédagogiques » ? » L’exemple qui avait déclenché le débat était justement celui des fakebooks (Cf profil dédié au Père Goriot) qui divisait à l’évidence les formateurs. Contractuellement, le signataire des conditions d’usage de Facebook s’engage à ne créer qu’un seul profil personnel. Des « groupes » et des « pages » peuvent aussi trouver leur place dans l’arsenal facebookien… mais pas des profils de personnages de fiction. En invitant les élèves à ce type de productions (indéniablement très intéressantes sur le plan pédagogique) ne pousse-t-on pas à la faute ? Et sans aller si loin dans l’exercice de mystification, n’est-ce pas tout aussi déontologiquement suspect quand on invite ses élèves, pour des raisons de confidentialité, à se créer un second profil, pour un usage spécifiquement scolaire de l’outil social ?
Et à y bien remarquer, la question déborde du seul usage de Facebook. En effet, pour des raisons de prudence, les éducateurs sont parfois enclin à donner aux élèves des consignes contradictoires, disant à la fois tout l’intérêt qu’il y a à se construire une identité numérique forte (exempte de tout dérapage de publications tant impulsives qu’intempestives sur le long terme – une vraie compétence à acquérir) et prônant par ailleurs une réserve allant jusqu’à la mystification pour ne pas dévoiler inutilement ses coordonnées personnelles.
Derrière ces exemples, la question centrale touche à la déontologie du formateur ou de l’enseignant : peut-il inviter ses élèves à tricher avec les règles en place… sous prétexte de contexte pédagogique… une fréquente exception que l’école revendiquerait d’être au dessus des lois, sous prétexte d’éducation.
Face au point de vue carré de ceux qui insistaient sur le respect strict des prescrits légaux et des engagements signés par les utilisateurs, un autre groupe de formateurs justifiait de sa pratique en précisant les éléments suivants :
- Les conditions d’utilisation d’un logiciel ou d’un service n’ont pas force de loi, mais précisent les termes d’usage communément admis, de sorte que les utilisateurs sachent « dans quel jeu ils jouent »
- Le dépassement des usages originaux d’un outil ou d’un service fait partie de son l’évolution, de sorte qu’il mute de façon consensuelle et collective vers de nouveaux usages qui sont progressivement intégrés aux usages permis, voire publicisés par la firme qui les instrumente et les développe. Ainsi, Facebook qui était au départ un trombinoscope d’universitaires, a-t-il évolué vers ce qu’il est aujourd’hui pour le plus grand bénéfice (et aussi économique) de son propriétaire qui ne s’en plaint pas.
- Le détournement à des fins pédagogiques est l’illustration quotidienne de la créativité des enseignants qui font feu de tout bois pour atteindre leurs intentions… sans que, bien sûr, les prescrits légaux ne soient transgressés.
Reste qu’un élément doit être pris en compte, qui est sans doute un peu original du fait que ceci se passe sur le net : antérieurement, quand un enseignant détournait un concept sociétal (un objet, un processus, une technique) il le faisait généralement dans la confidentialité des murs de la classe. Aujourd’hui, avec la publicité dont profitent les productions éditées en ligne, on n’est plus cloisonné dans l’intimité du champ pédagogique. En ce sens, wikipédia qui a développé en son sein, un espace spécifique pour le développement de projets pédagogiques a tenté de différentier les usages. Mais ce n’est pas pour cela que le monde scolaire s’en contente en s’interdisant toute intervention dans l’encyclopédie elle-même. Car si l’école est un lieu test où le droit à l’erreur réclame parfois que l’on s’essaye en terrain d’écolage sécurisé… il n’en demeure pas moins vrai que la finalité ultime des apprentissages est bien de se mouvoir dans la vraie circulation au quotidien (on percevra le parallélisme que cette image permet avec les autoroutes de l’information) et que cela doit à un moment se pratiquer dans la « vraie vie », sur le vrai réseau, avec sa vraie identité.
De quelle manière François Jourde se positionne-t-il dans ce débat ?
Mooc ReSop - Semaine 3
Intervention de Nadi Benyounès...
Merci Nadia.
Faisant le même métier, je vois que nous avons les mêmes outils et le même discours. Bel effort de synthèse en 40 minutes... sur un sujet que je développe aussi en deux journées, avec des profs en formation en cours de carrière.
J'y ajoute les techniques de sauvegarde de l'info trouvée (textes, images, vidéos et sons), les questions liées au droits (Cf Didier Gobert - sem 2) ainsi que les modalités de citations (Cf plagiat en milieu scolaire). (1/2)
Le passage que tu fais de la recherche -classique- à la veille sociale est aussi le basculement méthodologique que je tente de faire percevoir et pratiquer. Mêmes outils là aussi.
Dans cette évocation, j'ai des difficultés de ne pas m'arrêter un peu longuement sur Wikipédia qui constitue un excellent cas d'école... Et donc, je m'octroie ce "plaisir". ;-)
Construire le savoir de façon collaborative... le vrai défi de l'humanité... à l'échelle de la classe... Incontournable.
Et depuis peu, je travaille tout cela en mettant les profs mains au clavier... dans un espace de travail où j'invite à produire, collaborer, capitaliser et partager. J'ai choisi pour cela les espaces de travail en ligne du wiki de Zoho, la suite bureautique en ligne.
Merci pour cette vidéo de partage d'expérience.
Bonne troisième semaine à tous les ReSopéens
Dans le cadre de l'invitation à utiliser les Réseaux sociaux, je vous transmets les liens vers ma page scoop-it qui développe cinq liens en rapport avec l'Education aux Médias
Mooc Resop, c'est parti
N'ayant pas eu le plaisir de pouvoir participer activement au projet Itypa, je suis donc très heureux d'entrer en action dans ce qui en est visiblement la suite... Merci donc à Jean-Marie Gilliot (Itypa) et Sébastien Reinders (Mooc Resop) de coordonner ces pratiques et de les offrir en pilotage expérimental à la communauté des utilisateurs du net. Sûr que l'on va non seulement retrouver des têtes connues, mais se faire aussi de nouveaux contacts particulièrement intéressants.
Pour ma part, ce petit mot de présentation devrait suffire pour situer l'angle d'attaque de ma participation à ce Mooc : formateur en Education aux médias et animateur d'Espace Public Numérique (EPN), je suis particulièrement intéressé par les outils médiatiques au service de l'apprentissage. Mais au delà de l'outil lui-même, c'est "Ce qui se passe pendant que cela se passe" qui mobilise mon attention.
La question que je me pose est celle de l'Education AUX médias, plus que du seul usage pédagogique de l'outil. En effet, l'esprit critique auquel Jean-Marie fait d'ailleurs allusion dans son introduction, pointe comme prioritaire de faire régulièrement ce pas de côté réflexif quand on est embarqué dans un usage médiatique. L'outil fonctionne (bien ou mal), offre des fonctionnalités (merci Sebastien de nous les avoir présentées pour Google + et Facebook...) Mais avec ça, que peut-on faire ? Et qu'est-ce que cela va changer pour l'école, pour les élèves et leurs apprentissages, pour les profs et leur métier ?
Découvrir des pratiques renouvelées, voire des pédagogies renversées... donner la possibilité aux élèves d'être les acteurs de leur projet individuel d'apprentissage, c'est ce qui m'intéresse. Et en cela, le Mooc (sans apport fondamental de contenu) est un processus qui m'intéresse, car tout y est pour apprendre (itypa), certes mais tout est à y construire ! Itycon ? :-)
Je suis donc preneur d'interactions nombreuses en ce sens, durant ce Mooc, à une période où bien entendu et sans doute comme beaucoup, j'ai un horaire surchargé et que je ne pourrai pas dégager tout le temps espéré pour creuser la question à suffisance.
Michel Berhin (Médiacteur) : + Vidéo
Média Animation participe à l'événement suivant
Apprendre ensemble avec le numérique
Comme tous les deux ans, depuis 2007, la Cellule Projets TICE organise une manifestation pour mettre en valeur l’utilisation des TICE en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette année cet événement est organisé en partenariat avec le Service Public de Wallonie.
- Vous aimeriez utiliser les TICE avec vos élèves, pour des activités pédagogiques ?
- Vous désirez trouver des idées sur la meilleure façon de les exploiter ?
- Vous les utilisez déjà avec vos élèves et vous désirez découvrir de nouvelles pratiques ?
- Vous souhaitez partager votre expérience ?
Retrouvez-nous au 4e Rendez-vous Écoles et Technologies
Vous aurez l'occasion de trouver des idées sur la meilleure façon d'utiliser les TICE, d’échanger avec vos collègues… à travers la découverte de mille et un projets…
Pour qui ?
Pour tous les acteurs de l’enseignement, du maternel au supérieur pédagogique, en fonction ou en formation, dans l'enseignement ordinaire ou spécialisé, quel que soit leur réseau, quelle que soit leur discipline.
Informations pratiques
Quand : Le samedi 16 mars 2013 de 9h à 16h - Accueil à partir de 8h30
Ce colloque est reconnu comme journée de formation par l'IFC.
Participation gratuite
Où ?
Au CECS La Garenne
200, rue de Lodelinsart
6000 Charleroi
Informations utiles et modalités d’inscription : http://www.enseignement.be/index.php?page=26719&navi=3348
Productions de l'été 2012 - retrospectives
Comme pour l'an dernier, voici un retour sur les analyses produites ces derniers mois... (2012)
Pas toujours simple de mettre en ligne quand une validation est en attente de la part du comité de lecture qui planifie à un autre rythme. Seule solution, cette mise en ligne groupée et décalée...
-
Entre pub et propagande : convaincre que « vos enfants sont malades du net »
Les techniques commerciales des milieux de la santé (les marchands de médicaments, plus précisément) sont comparables aux manœuvres insistant constamment sur les dangers d’Internet : médicaliser toutes les facettes de la vie, exagérer les risques, vous convaincre que vous êtes malade (accroc), simuler (...)
Lire plus...Mass médias - Nous sommes tous des « hit consumers »
Avec l’industrialisation, la manufacture artisanale a cédé le pas à la production à la chaîne. C’est alors qu’est apparue la publicité, cette communication de masse qui convainc de consommer : faire connaître les biens et services disponibles car, une fois produits, il s’agit d’écouler les stocks et de (...)
Lire plus...Affaire Michelle Martin : faire à la fois de l’info locale et nationale
Le temps d’un pourvoi en cassation... Analyse d’une couverture de presse, à mi-parcoursQuand l’actualité nationale s’invite au creux d’une région, elle est non seulement traitée par les médias nationaux mais aussi, et de façon particulière, par les médias locaux tant il est vrai que la force d’une info, c’est de correspondre aux critères de la loi de proximité. Et avec l’affaire Martin, on (...)
Lire plus...Facebook, Twitter… durant les heures de travail : un investissement !
Ce qui fait peur à tendance à faire fuir, c’est un réflexe naturel… Ainsi en est-il encore des nouvelles technologies de réseau dans pas mal entreprises. Puis, quand on commence à pratiquer cette technologie émergente, on en apprend toutes les astuces et on s’aperçoit aussi des bons côtés d’un usage (...)
Lire plus...Les caméras embarquées d’ « En ligne directe »
Quand le processus médiatique s’invite au cœur de la transmissionJamais on aura vu plus forte intrusion de la technique de captation dans un face caméra. L’interviewé est transformé en steady-cameraman et doit faire preuve de grande concentration pour répondre aux questions qui lui sont posées, alors que la déambulation sert d’artifice scénographique ! Le média est (...)
Lire plus...« Blended conference » : les colloques s’envisagent désormais de façon mixte
De plus en plus, le recours à des outils de connexion en direct se fait stratégique, dans l’organisation des petits et grands événements scientifiques. Non seulement pour permettre en temps réel la rencontre d’un expert international qui n’a pu se déplacer, mais aussi pour élargir le cercle des (...)
Lire plus...
Des souhaits pour 2013
Message spécial à l'attention de mes lecteurs du réseau Twitter...
(un petit peu plus de 500, ça fait tout de même du monde pour que je m'y arrête un moment).
Utilisateurs des réseaux sociaux, nous nous connaissons au moins de façon "virtuelle"... mais force est de constater que tout cela est bien concret au point de constituer une réalité ancrée dans le quotidien. Certains contacts ainsi établis ne peuvent en rester à l'état de relation distante... et l'on décide alors, dans un sens ou l'autre, de faire le chemin pour se rencontrer. Le visu ajoutant ce que l'on peut imaginer (c'est à chaque fois différent, avec chacun) la relation qui s'en suit est inévitablement revisitée (j'aime cette expression de contact "sans distance").
Alors, que vous/nous souhaiter pour 2013 ?
Des ressources échangées en grand nombre pour une veille partagée de qualité, via Twitter. Et de un ! Mais aussi, si l'envie vous prend, des visus sympathiques pour aller plus loin avec qui vous le sentez bien. La Belgique est proche de tout et les moyens de communication autorisent les allées et venues en tous sens. Continuons d'échanger en 2013... C'est enrichissant !
Petite Poucette... j'aime bien, et ne m'en lasse
Michel Serres, philosophe, savant et conteur passionnant, a donné une conférence dont la substance est ensuite parue sous la forme d'un livre. Depuis cette parution, le philosophe continue d'être interrogé sur sa vision de la jeunesse et de l'éducation de demain.
Il est ici en débat avec Alain Finkielkraut, sur France Culture. (Mardi 18 décembre 2012 - Réplique : L'école dans le monde qui vient. )
Joute oratoire, s'il en est... entre deux grands pères qui n'en sont pas au même niveau d'appropriation... A.F. reconnaissant que cet univers d'internet... il l'a certes visité accompagné... mais qu'il ne le connaît pas bien ! Alors que M. S. en est un utilisateur aguerri !
A ceux qui veulent bénéficier d'une retranscription des minutes entre 20'03" et 30'39" ... voici ce que j'ai volontiers rédigé (l'accès au fichier son n'est sans doute pas éternel).
[...]
- Lorsque nous étions en classe de philosophie, on nous disait que la connaissance humaine était divisée en trois facultés : la faculté de mémoire, la faculté d’imagination et la faculté de raison. Vous vous rappelez ? C’était le triptyque cognitif. Et cela nous le portions subjectivement dans ma tête ou votre tête. Et aujourd’hui, je raconte l’histoire de la décollation de Saint-Denys, pour dire que la tête est extérieure à moi. Et j’ai en effet devant moi, quelque chose qui a… un outil qui a plus de mémoire que moi, plus d’images que moi et, à certains égards, plus de raison que moi, puisqu’il y a des moteurs de recherche qui arrivent à faire des exploits qui sont largement au-dessus de mes capacités. Bon… cette tête externalisée porte quelque chose à la renaissance… Montaigne disait précisément : « Tête bien faite, plutôt que tête bien pleine ». Et moi, je dis maintenant : « Tête externalisée ». Et la coupure et le gouffre est énorme, vous voyez… parce que cette cognition est externalisée, là. Et je peux m’en servir presque comme un outil. Comme un outil ! Un outil d’ailleurs universel, puisque c’est un outil cognitif ! Ce qu’on n’arrive pas à comprendre dans le monde moderne, c’est que désormais, l’outil est cognitif, c’est-à-dire qu’il y a un objet extérieur à moi qui a des facultés (avec autant de guillemets que vous voulez… ) cognitives. Alors, ce qui me reste sur la tête, ce qui me reste sur mon cou décollé, effectivement, c’est l’intelligence, l’inventivité… tout ce qui est l’innovation. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc, il y a maintenant un rapport au savoir qui a complètement changé et qui a changé d’autant qu’on peut le comparer aux changements cognitifs qui ont eu lieu à la Renaissance, qui ont eut lieu au moment du Platonisme, au moment où l’on a inventé l’écriture. Et par conséquent… Et en effet, la relation pédagogique a changé, mais la relation cognitive a changé complètement. Vous voyez ? C’est ça la question. Le gouffre est énorme en effet, puisqu’on assiste à l’externalisation du cognitif.
- Mais alors, quel rapport entretient-on avec ce cognitif externalisé, Michel Serres ?
On l’a toujours fait, mon cher !
- Oui, bien sûr !
- Je reviens à la relation pédagogique à ce que doit être notre autorité, c’est-à-dire, notre responsabilité envers les nouvelles générations. Notre responsabilité d’adulte. Je suis moi-même une sorte de grand papa grognon, mais je m’informe ! Voici le témoignage d’une jeune enseignante d’histoire qui a, avec tous ces outils, je crois, un rapport de familiarité qui n’est pas le mien. Je veux parler de Mara Goyet[1]. Elle est professeur d’histoire dans un collège. Elle a été longtemps professeur d’histoire dans un collège de banlieue. Elle enseigne aujourd’hui dans un collège, disons plutôt tranquille, à Paris intra muros.
- Oui, oui, j’ai lu le livre
- Ce qui est très intéressant, c’est qu’elle dit : « L’ambiance, quoiqu’on pense, n’est pas au travail. Il y a mille autres sources de divertissement pour les élèves : texto avec le smartphone -en effet le téléphone est intelligent- appel télé, jeux, net, mp3… » Et elle dit ceci, … elle nous décrit la chambre des enfants et des adolescents d’aujourd’hui, qui n’a vraiment rien à voir avec la chambre où Proust adolescent s’enfermait pour lire : « Il y a un canapé, puisque le canapé s’est à se point démocratisé qu’il y a des canapés dans les chambres des enfants, sur lesquels ils se vautrent. Et que se passe-t-il ? Eh bien en effet, il y a une multitude d’échanges en sms et ils sont plongés dans le brouhaha écoeurant d’échanges stériles et formatés ». Et quand on apprend…
- C’est magnifique : « écoeurant, stériles et formatés »… c’est ronchon !
- C’est ronchon !
- C’est fantastiquement ronchon !
- Mais je ne veux pas du tout…
- Mais pourquoi voulez-vous que les enfants soient… « Ecoeurant, stériles et formatés ». C’est extraordinaire, c’est extraordinaire… Quelle haine, quelle haine, quelle haine !
- Eh bien non !
- Eh bien si, quand même !
- Si on les laisse à eux mêmes, oui ! Et surtout, vous comprenez bien, On, on, on…
- Moi, je les aime, ces enfants-là ! Je ne les trouve pas, ni stériles, ni formatés… Ils échangent entre eux… Que voulez-vous ? C’est merveilleux ! Ils inventent enfin des appartenances et des communautés que nous n’avions pas imaginées. Tant mieux !
- S’ils échangent, comme c’est dit, 150 sms par jour… comme ils le reconnaissent eux-mêmes, ils les échangent aussi en classe ! Et le smartphone est l‘ennemi de l’enseignant si tant est que l’on croit encore, comme je le fais, à la parole magistrale ! Et elle les aime, elle les aime assez, Mara Goyet, pour ne pas les abandonner à leur sort… au sort que la technologie leur fait !
- Alors, je peux vous dire que moi aussi, j’ai été un adolescent, et j’étais dans la marine, figurez-vous, et j’étais à Djibouti, à un certain moment, lors de la campagne de Suez. Et j’étais amoureux et j’étais fiancé. Et ma fiancée était à Bordeaux. Et nous nous écrivions. Nous nous écrivions une correspondance d’amour comme on dit. Alors voilà, c’est très simple : les lettres mettaient deux mois et demi à parvenir à Bordeaux. Et quand je recevais cinq mois après la réponse de mon amoureuse, je ne comprenais plus quel était mon état d’âme d’il y a cinq moiS. Forcément. Aujourd’hui, l’amoureux qui se trouve à Djibouti avec son amoureuse à Bordeaux… elle part avec son smartphone et la correspondance d’amour part du smartphone. Parce que là, il y a une correspondance parfaite.
- Bien sûr !
- Savez-vous qu’avec les nouvelles technologies… elles ont été inventées pour les hommes d’affaires, forcément… Parce que le profit est toujours là. Mais on a aujourd’hui des chiffres extraordinaires qui disent que 65 à 70 % des échanges en question sont intra familiaux entre maman et les enfants, entre maman et papa, … ça a plutôt renforcé les relations familiales… Alors, du coup, du point de vue de l’enseignement, … revenons à l’enseignement, si vous le voulez…
- Bien sûr
- J’aimais bien que vous ayez utilisé le mot d’autorité. C’est magnifique, le mot d’autorité… j’aime bien le mot d’autorité… Savez-vous cher ami, et vous le savez mieux que moi…
- Sûrement pas mieux !
- Que « autorité » est un mot latin de droit romain. « Autore » voulait dire la personne qui se porte aval dans un tribunal. Mais c’est pas ça qui est intéressant. Ce substantif « autore » qui est de droit romain, vient du latin « ogere » qui veut dire « augmenter ». […] qui a de l’autorité, c’est « celui qui vous augmente » ! Alors très bien, nous y sommes… La probabilité pour que mes étudiants aient déjà lu des informations sur le sujet en question, c’est ça ! Je vais maintenant considérer la présomption de compétence dont je parlais… et maintenant pour avoir de l’autorité, il faut que j’augmente ce savoir. Et précisément, ma métaphore concernant la cognition externalisée –c’est-à-dire que la connaissance est extérieure (la tête de Saint-Denis est à l’extérieur)- Eh bien je trouve que je dois faire fonctionner ce qui reste sur ma tête, c’est-à-dire l’intelligence, la nouveauté, l’innovation etc. Ce qui augmente le savoir… Et qu’est-ce qu’être un enseignant, maintenant, c’est précisément quelqu’un qui a de l’autorité parce qu’il augmente ce savoir qui est déjà là. Dont on peut en effet présumer qu’il est déjà là !
- C’est d’ailleurs comme ça que vous enseignez aussi… comme moi
- Je ne sais pas si on peut déjà préjuger dans le secondaire que le savoir est déjà là… Il me semble qu’il manque… qu’il manque cruellement, mais surtout, vous reconnaissez dans Petite Poucette[2] qu’il y a dans les classes, une espèce de brouhaha !
- Exactem…
- Dont, d’une certaine manière, vous vous félicitez !
- Mais il me semble que pour augmenter le savoir… ou pour introduire de la pensée et du savoir, dans la conscience des enfants…
- Oui, oui…
- le silence est absolument indispensable. Mais effectivement, avec cette espèce d’immédiateté induite par les nouvelles technologies… on ne l’a plus ! Mais cela, ce devrait être considéré plutôt comme un empêchement ?
- C’est un empêchement !
- à cette augmentation ! Michel Serres ?
- Toute la question, mon cher ami, c’est vraiment toute la question d’essayer de comprendre quel est le monde induit par les nouvelles technologies… parce que toutes les questions que vous posez… supposent admises, toutes les règles, les formats et le monde précédant les technologies. Alors si vous voulez juger les nouvelles technologies d’après le format du monde précédent, vous êtes dans le cas de Socrate, et ça ne peut que vous plaire… Socrate qui ne comprend absolument pas ce que veut dire l’écriture. Ou dans le cas des docteurs de Sorbonne du Moyen-âge qui ne peuvent pas comprendre du tout le monde dans lequel rentre Rabelais, rentre Erasme et rentre Montaigne. Vous voyez ? Or la coupure est en effet là. Et Hermès dont on a parlé tantôt. Il est là. Il est au carrefour. Il est la statue. Il est à la bifurcation. Et en effet, la culture a bifurqué ! Non seulement la culture, mais le sujet de la culture. Non seulement le sujet de la culture, mais la tête, la cognition de la culture. Tout a bifurqué. Et il faut comprendre cette bifurcation. Notre rôle d’enseignant, ce n’est pas d’interdire ou de trouver dangereux, ou de trouver stérile… ce monde-là… C’est de comprendre la bifurcation, pour aider, précisément la naissance de cette nouvelle culture. Nouvelle culture qui a eut lieu au 5ème siècle, je le répète, ou à la Renaissance.
[2] SERRES Michel ," Petite Poucette - Le monde a tellement changé que les jeunes doivent réinventer la manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître", Le Pommier, Coll. Manifeste, Paris, 2012, 84 pages - ISBN/EAN : 9782746506053 / 9782746506053
Utiliser les médias en classes pour se confronter concrètement aux questions d’EAM
Pour Stéphanie de Vanssay, pas d’hésitation à avoir : c’est en menant des projets médiatiques et en plongeant dans l’usage des outils réseaux que la pratique fait émerger les vraies questions et offre l’opportunité de construire des réponses appropriées.
Ce 5 décembre 2012 à Leuze en Hainaut, le CSEM et les trois centres de ressources en Education aux Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles organisaient leur journée annuelle de réflexion à destination des maîtres-assistants des départements pédagogiques des Hautes Ecoles. Le programme retenu faisait suite aux sessions des deux années précédentes, en focalisant une nouvelle fois sur l’école numérique à l’heure des réseaux sociaux. A Champion, en 2010, c’est Florence Meichel (Apprendre 2.0) qui intervenait sur l’émergence des réseaux apprenants. A Libramont, en 2011, Laurence Juin enseignante dans une Twitclass de La Rochelle, venait rendre compte de sa pratique innovante. Jamais deux sans trois, l’équipe organisatrice avait donc invité cette année Stéphanie de Vanssay, professeur des écoles détachée auprès du SE-UNSA, un syndicat enseignant, lui demandant de témoigner d’une pratique numérique de terrain qui atteste de sa capacité à susciter des questions d’Education aux Médias en lien avec les apprentissages.
Audace pédagogique ou esprit frondeur ?
Reconnaissant que l’air du temps est encore trop souvent aux discours sécuritaires face aux risques de l’internet, voire aux pratiques de dissuasions, d’entrée de jeu, Stéphanie de Vanssay présente sa conviction pédagogique : « Utilisons les médias en classe, car ils mettent en situation d’éduquer ». Ce credo, elle se l’est forgé tout d’abord dans sa pratique de terrain. Mais cette conviction s’appuie aussi sur la rencontre et l’observation du travail mené par des collègues et d’abondants échanges avec des enseignants de la maternelle au lycée, avec qui elle partage en ligne notamment grâce au réseau social Twitter.
Son exposé aborde quelques questions maîtresses auxquelles elle donne des réponses toujours modestes et provisoires, mais en justifiant de leur pertinence par des exemples tirés de la pratique scolaire.
A qui je m’adresse ?
« Quand une classe se saisit des médias pour communiquer, c’est très intéressant, car rien n’est joué à l’avance ». On a beau avoir défini une charte de comportement (par exemple sur l’usage collectif d’un compte Twitter pour la classe), c’est la situation de terrain telle qu’elle se présente (et que l’on ne contrôle pas toujours) qui va susciter les vraies questions. Et si les comportements convenus servent de repères, il n’empêche que ceux-ci doivent être adaptés de façon critique à la situation du moment. Ainsi : que faire d’un intervenant qui entre en contact avec la classe et poste des messages sur l’espace commun, en utilisant des gros mots… et qu’il est enseignant de surcroît !? Comment vérifier que tel profil qui demande à être intégré au groupe est bien celui du parent de tel ou tel élève, comme il le prétend ? Car nouer contact dans le virtuel s’apparente de toute évidence à accepter une relation dans la vie courante. Va-t-on dès lors ouvrir les portes de la classe à n’importe qui ? Débat !
Qui s’adresse à moi ?
Autre mise en situation pour illustrer que la relation établie sur les réseaux demande une réflexion critique : un élève publie un travail sur les mangas et reçoit sur son blog un commentaire de félicitation signé du nom de l’auteur du manga qu’il décrit. Doit-il se réjouir de cette reconnaissance ou suspecter une usurpation d’identité ? Des félicitations en provenance du Japon ? Tout de même, c’est pas rien ! Comment résout-on ce cas de figure ? Exemple concret à creuser par un accompagnement circonstancié de l’enseignant… qui n’avait pas imaginé ce scénario. Mais c’est ça aussi le net !
Que puis-je publier ?
De nombreux exemples aussi pour illustrer la responsabilité éditoriale de l’auteur sur le net. Une question d’adulte pensez-vous ? Partant de l’aisance technologique que procurent les nouveaux outils de publication en ligne, Stéphanie de Vanssay rapporte avec quel sens des responsabilités des élèves, même tout petits, s’interrogent sur ce qu’ils peuvent publier, sur la justesse de leurs termes, sur la correction orthographique, sur l’a propos de publier vers l’extérieur plutôt que de garder pour la classe. Chaque situation comporte des critères différents qui obligent à la réflexion sur la législation et, au delà, sur les conséquences… Une vraie réflexion déontologique donc ! Dès 5-6 ans… Sûr que ceux-là, devenus plus grands, continueront de tourner 7 x 7 fois leur plume avant d’écrire sur leur blog ou dans les réseaux.
Un nouveau prof pour de nouveaux enjeux
Ce qui frappe finalement dans l’exposé, c’est que les enseignants qui se lancent ne contrôlent pas tout du processus… Ils acceptent d’aller au devant de questions à résoudre. De vraies situations de problèmes ouverts (tiens, c’est justement le sujet de son mémoire de master 2 présentée par St. de Vanssay) qui mettent en situation de questionnement. On comprend dès lors mieux cette réponse que notre oratrice faisait à un exposant du salon Educatice qui lui proposait de découvrir un logiciel permettant de contrôler à distance les écrans de ses élèves dans une salle informatique ou un autre pour rebooter les systèmes après chaque usage, de sorte à éviter tout bug inutile. Elle rétorquait : « Si j’ai la capacité de tout contrôler, c’est alors qu’il ne se passera plus rien… et vous pensez vraiment que c’est cela qui est éducatif ? » Esprit frondeur ou pertinence pédagogique ?
A la place de cette attitude d’évitement, Stéphanie de Vanssay préfère la prise de responsabilité qui engage l’apprenant à réfléchir aux conséquence de ses actes. En offrant aussi le risque –mais n’est-il pas positif- de voir le jeune exprimer alors des avis citoyens : comme cette jeune fille anglaise de 9 ans qui a ouvert un blog pour débattre en toute objectivité de la qualité des plats préparés à la cantine de l’école. Une démarche militante qui a finalement suscité une amélioration des menus servis à la collectivité.
Et de conclure : finalement, faut-il faire nommément de l’Education aux Médias, à jours et heures préétablis ? N’est-ce pas plutôt d’une pratique intégrée des médias en classe, au creux de projets concrets, que le questionnement va surgir, totalement en phase avec des enjeux réels de communication ? Pas pour rien que Stéphanie de Vanssay aura deux fois cité Célestin Freinet dans son intervention, affirmant que « s’il avait du connaître Twitter, les blogs et les réseaux sociaux, il s’en serait sûrement servi comme il le fit de l’imprimerie ».
Ajout le 10.12.12 :
- Prezi de l'exposé du matin disponible en ligne
Stéphanie de Vanssay est aussi intervenue l'après midi, dans un atelier réunissant en priorité les maîtres-assistants des Hautes écoles et dont elle rend compte elle-même en ligne. Lire ici
Internet à la maison en 10 questions : une recherche-action UFAPEC - Média ANIMATION ASBL
L'Union Francophone des Associations de Parents de l'Enseignement Catholique (en Belgique) et Média ANIMATION, Centre de Ressources en Education aux Médias, membre du CSEM (1), viennent de publier une plaquette (57 pages au format A5) qui clôture une recherche-action de terrain menée avec une cinquantaine de parents répartis en 6 groupes de travail.
Méthode : "Le principe d'une recherche-action est de (re)mettre les personnes concernées par une pratique en position d'acteurs. Les participants deviennent les co-chercheurs qui vont formuler des hypothèses, puis apporter des solutions. La RA° part du principe qu'il n'y a pas de bonnes ou mauvaises pratiques, toutes les idées ou réflexions méritant d'être formulées et testées. [...]
La démarche est réalisée dans une perspective d'EAM telle que le définit le CSEM. L'objectif est de développer une appropriation critique de ces médias, qui permette d'en apprécier toute les richesses et d'en faire un usage responsable tout en percevant avec justesse, les limites et les travers".
Les auteurs sont en effet fréquemment confrontés à des demandes d'animations ou de formations sur "les Dangers liés aux usages de l'internet" formulées par des Associations de parents et des responsables scolaires. En réponse, et pour asseoir les propos qu'ils ont l'habitude de développer sous forme de conférences, ils ont préféré inviter les demandeurs à construire des réponses appropriées sur base de mises en situation au sein de familles.
Loin de donner des réponses unilatérales toute faites, la brochure invite à percevoir les enjeux de plusieurs situations classiques de consommations médiatiques en ligne... de sorte à choisir un comportement approprié à son vécu familial personnel.
Il est abondamment fait citation de propos tenus par les parents, lesquels ont pu anticiper leur réflexion par la lecture d'un portefeuille de lecture préparatoire aux mises en situation. Chaque famille a choisi de développer et de tester les attitudes qu'elles jugeaient appropriées, selon ses convictions et sa culture familiale, pour ensuite les confronter aux choix des autres participants dans le cadre de soirées d'échanges d'expériences. Il en ressort une palette de témoignages sereins et décomplexés sur l'intérêt d'utiliser de façon libre et critique ces nouveaux outils d'information et de communication.
(1) CSEM : Conseil Supérieur de l'Education aux Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles


