Mediacteur

31 janvier 2014

Média Animation ASBL recrute pour son siège de Namur

Animateur(trice) Web et Multimédia

Dans le cadre de sa mission principale l’animateur web-multimédias est amené à :

  • concevoir, coordonner et animer des ateliers web / multimédia
  • apporter son soutien à d’autres projets d’éducation permanente et d’éducation aux médias.

Description des tâches :

• Organiser et assurer les prestations d’animation/formation à une approche critique des outils web / multimédias, et ce dans une optique de participation citoyenne ;

• Accompagner les groupes dans la définition de leur projet, dans les phases de mise en route et de finalisation (objectifs, attentes, planning, contenus, moyens humains, matériels et financiers, montage…) ;

• Assurer les suivis organisationnels, administratifs, évaluatifs ; collaborer à la préparation des rapports d’activités y afférents ;

• Apporter un soutien à d’autres projets du secteur Éducation permanente (préparation, organisation, animation) ;

• Assurer la maintenance du matériel mis à disposition dans les trois Espaces Publics Numériques de l’association.

Profil :

• Connaissance du secteur de l’Éducation permanente (méthodologie, principes, …) ;

• Connaissance du monde des médias numériques, ainsi que de leurs usages (réseaux sociaux, …) ;

• Bonne connaissance et utilisation des outils informatiques (web / multimédia) ;

• Capacité de mener des projets et de conduire des animations ; • Savoir communiquer en public ;

• Capacité de transmettre des connaissances avec pédagogie ; • Travailler de manière proactive, avec précision, méthode et rigueur ;

• Savoir gérer un agenda, un planning, respecter des échéances ;

• Pouvoir faire face à une variété de projets et faire preuve d’adaptation en fonction des publics ;

• Être mobile sur le territoire de la Fédération Wallonie Bruxelles (permis de conduire).

Conditions

• Passeport APE

• Contrat temps plein à durée indéterminée

• Lieu de travail : Namur

• Niveau : Master ou baccalauréat en communication, animation socio-culturelle (ou assimilé), ou expérience probante dans le secteur.

• Barème de la CP 329.02

Contact / Échéance :

• Envoyez votre CV + une lettre de motivation à l’attention de : Stephan Grawez, Média Animation asbl 100, Avenue E. Mounier 1200 Bruxelles ou par mail à s.grawez@media-animation.be

• Date limite de candidature : 21 février 2014

 

 

Posté par communaute à 16:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]


09 janvier 2014

"Je maintiens aussi le blog et l'ouverture qui en découle"

Ce post fait suite à la lecture de PGiroux (Pedago Tic) "J'aime bien Google+ mais je retourne à mon blog"

Merci à Jacques Cool qui l'a tweeté pour sa TL et me l'a fait découvrir.

Capture d’écran 2014-01-09 à 10

 

 

 

Je relève ceci, pour ensuite commenter : "Je considère ensuite comme une erreur d'avoir utilisé une communauté fermée. Je me suis ainsi privé des commentaires de plusieurs autres pédagogues réflexifs, des gens qui me lisent sur Google +, Twitter et PédagoTIC et qui auraient probablement pu émettre quelques idées et commentaires ou engager des discussions et des débats avec mes étudiants. Je pensais que ce serait plus facile pour les étudiants d'être entre eux... Mais je me suis retrouvé pratiquement seul à donner l'exemple et ça na pas été suffisant".

Commentaire :

La période des formations en Education aux Médias (EAM) reprend ce mois de janvier et les programmes qui sont finalement organisés rassembleront pour ce qui me concerne, des enseignants du secondaire en Sciences sociales et en religion catholique (qui est un cours de formation générale chez nous).

Les propositions que je ferai envisageront l'usage des outils 2.0 pour dynamiser la classe et réorienter la pratique pédagogique vers la construction des savoirs en y ajoutant la préoccupation citoyenne de l'Education aux Médias. A cette fin, je tablerai sur la convergence des outils suivants :

- Carte mentale avec Mindmeister
- Wiki avec Zoho en ligne
- Collaboration rédactionnelle avec Titanpad et Google docs
- Blog hébergé chez Canalblog
- Curation avec Scoop.it

Mettant en place cette infrastructure, la semaine dernière, je me préparais mentalement à la question que ne manqueront pas de me poser l'un ou l'autre participants : "Pourquoi utiliser des outils ouverts qui publient sur le net ce qui devraient peut-être être hébergés sur des serveurs privés ?" (La question n'est pas sans intérêt car se pose aussi la question du respect des droits d'auteurs des éventuels documents devant servir de supports aux séquences de travail).

Mais la lecture de PGiroux, ce matin, me renforce dans mon choix. Il me semble à l'évidence que cette ouverture est bien une perche tendue à une collaboration extérieure. Au moins sous la forme de visibilité/lecture... Partager l'expérience en train de s'effectuer, c'est un premier enrichissement. Cela donnera peut-être l'envie à d'autres de se lancer. Et puis, cela permet les interactions avec une communauté plus vaste, que ce soit sur le fond (disciplinaire) ou sur la forme (technopédagogie). Tous les commentaires sont bienvenus, s'ils sont constructifs.

Voilà donc pourquoi je mets deux liens ci-dessous.

Le programme pour les professeurs de religion démarre ici
Le programme pour les professeurs en Sciences sociales démarre ici

Les enseignants seront invités à créer une séquence de cours qui table sur la participation active des élèves, comme eux-mêmes seront actifs et productifs (en matière de supports médiatiques didactiques) pour établir un parcours thématique en lien avec leur discipline (sur base d'un libre choix).

 

Posté par communaute à 10:23 - Commentaires [2] - Permalien [#]

29 novembre 2013

Dangers du net : Au feu les pompiers !

La RTBf offrait encore récemment du temps d’antenne et de la place sur son site d’information en ligne au thème très décrié des « Dangers du net ». Service public régi par un contrat de gestion rédigé par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cette chaîne se doit d’informer, mais aussi de produire des émissions qui développent cette préoccupation que l’on nomme l’Education aux Médias. Au delà de l’inscription d’émissions spécifiques sur le sujet dans ces grilles (souvent à des heures désertées par le grand public), elle a l’opportunité d’inviter cette thématique dans des émissions grand public de milieu de journée. De mon regard de formateur de terrain, j’estime que cela marche, mais aussi que, parfois, cela dérape.

 

"De plus en plus, on entend parler de cyber-harcèlement[1]". Dans la foulée, un médiateur scolaire qui vient justement d’écrire un livre sur le sujet[2] poste un message sur le site de la RTBf[3] pour dire que « le numérique nécessite des balises que l’école n’est pas prête à leur donner ». Un intervenant qui revendique de « montrer la voie aux enfants et aux adolescents qui usent et abusent d’Internet et des réseaux sociaux ». Prolongation : Child focus est invité sur antenne dans l’émission « Connexions[4] ». Le journaliste qui pilote l’émission accroche son public en partant d’un fait d’actualité récent : « En février dernier, une jeune Française de 13 ans décidait de mettre fin à ses jours. Elle était victime de harcèlement à l'école et sur Facebook. ». Voilà ce que l’on peut appeler à tout le moins une « médiatisation convergente». Bien sûr, Astrid Pouppez, l’intervenante du bien connu service de recherche des enfants disparus, « veut d'abord voir le positif, en distinguant les risques d’Internet de leurs concrétisations dans les faits ». Mais… toute la suite de son intervention traite de façon alarmiste des dérapages dans l’usage des technologies à l’école et en famille. C’est d’ailleurs la manière dont ce service conçoit ses animations à destination du monde scolaire. Même penchant chez Mr. Butstraen, quand il intervient à titre privé en se servant malgré tout de sa carte de visite professionnelle de médiateur scolaire.

 

Et je me dis : Comment le ton pourrait-il en être autrement quand les intervenants sont « pompiers et ambulanciers n’intervenant que dans des situations de catastrophes ? ». On est dans la caricature (mais on sait combien les médias aiment ça !) : « L’école, l’association de parents fait venir en classe le monsieur moustachu ou la madame frisson pour vous dire combien il est dangereux de jouer avec des allumettes ! » Et quand un média –de service public, svp- met son coup de projecteur sur cette manière de faire, le formateur en éducation aux médias que je suis ne peut que se désoler du contre-coup qu’il va devoir gérer par la suite sur le terrain : l’incompréhension intergénérationnelle renforcée.

 

Cela me fait penser à cette supercherie qu’un enseignant français avait construite pour piéger ses élèves[5] trop enclins à puiser sans réflexion, des réponses toutes faites sur le net. Dans les médias qui, une nouvelle fois, caricaturaient le propos en l’interviewant, il expliquait tout le travail qu’il avait monté (des heures de son temps de vacances) pour faire la preuve que les élèves sont incapables d’un usage intelligent de ces technologies qu’il vaut dès lors mieux tenir en dehors de l’école, pour n’y revenir qu’ensuite et s’en déjouer. Lamentable ! Il fut d’ailleurs la cible de nombreux collègues qui, fort heureusement, confièrent à l’Internet (et non plus aux journaux qui étaient déjà passés à un autre sujet après avoir déversé leur fiel) tout le travail effectué (des heures de leur temps de vacances, eux aussi) à préparer des séquences d’apprentissage intelligent des technologies[6]. Le schéma tout à l’inverse du premier. Bien plus formateur, naturellement !

 

S’il faut bien évidemment reconnaître avec Chr. Butstraen, que l’école a une mission d’éducation aux médias[7], il n’est pas opportun de l’envisager au départ de situations de dérapages qui se produisent certes, mais dans des proportions toutes relatives. Une médiation scolaire ou un service de recherche d’enfants disparus sont bien évidemment des unités confrontées à temps plein à des situations délicates. Mais les enseignants et les parents eux, et fort heureusement, ont un quotidien qui rencontre bien plus d’aspects positifs dans l’usage que font leurs enfants des nouvelles technologies. Et l’éducation qui s’impose, (car il en faut une à ces canaux de communication et de transmissions d’informations et de savoirs), est plus à construire dans la perception des avantages et limites d’un bon usage des ressources que ces médias autorisent. Ces médias nouveaux, tout comme les médias anciens : la presse, le cinéma, la télévision qui méritent eux aussi une alphabétisation médiatique des jeunes. Car les pédagogues des médias n’ont pas découvert avec le net cette nécessité de faire du jeune un « citoyen consommateur actif et critique des médias[8] ». Et leurs propositions pédagogiques s’inscrivent dès lors dans la droite ligne du type d’activités constructives qui abordaient déjà les médias anciens, sans les diaboliser pour autant.

 

Invité par Sylvie Honoré dans « La vie du bon côté », à l’occasion du Salon de l’Education en octobre dernier, sur cette même antenne de la RTBf donc, j’avais eu grand plaisir à développer « les aspects positifs d’un usage scolaire des ressources en réseau[9] ». En cela, j’avais l’impression que, sans compromission aucune, la télévision de service public, elle-même membre du Conseil Supérieur de l’Education aux Médias, répondait aux injonctions qui lui sont faites d’accorder du temps d’antenne à cette préoccupation citoyenne d’éducation critique. Procédant de la sorte, je trouvais même qu’elle pratiquait de manière plus intégrée qu’en inscrivant dans ses grilles, mais à des heures désertées par le grand public, des émissions spécifiques sur le sujet[10].

 

Mais visiblement, un clou chasse l’autre à l’antenne. Mais c’est ça aussi l’Education aux Médias : savoir qu’un journaliste n’est pas l’autre, qu’il développe sa ligne éditoriale en jouissant d’une grande autonomie, avec plus ou moins de conscience professionnelle, avec des préjugés personnels qui ne peuvent être totalement contenus, avec une emprise du temps pour préparer son émission… Et il apparaît plus simple alors sans doute de répéter les propos déjà diffusés par la concurrence, plutôt que de solliciter des témoignages d’enseignants, d’animateurs et de parents qui font de l’Education aux Médias à temps plein. Cette stratégie éditoriale hautement contestable, à mon sens, s’avère pourtant rentable dans un premier temps, car la caricature n’invite pas à réfléchir, mais plutôt à se laisser porter par la vague populiste. Généraliser des situations somme toute marginales (quelle réelle fréquence pour ces dangers très médiatiques ?), s’en inquiéter en les dénonçant comme l’illustration du mal moderne  et proposer des solutions simplistes qui se décrivent en quelques mots, c’est une résolution qui a défaut d’être efficace, satisfera l’audimat encore non éduqué à la problématique. Alors que développer des stratégies vraiment pédagogiques, cela réclame du savoir-faire, de la patience, de la répétition, des essais et erreurs… Toutes choses qui ne se laissent pas résumer à quelques propos radiophoniques vite faits. Alors, que conclure ? Choix éditoriaux différents et peut-être complémentaires, direz-vous, entre journalistes collègues autrement lunés l’un et l’autre, sur la question ? Une chose est sûre : parents et enseignants, si vous engagez le débat sur le sujet avec vos jeunes en démarrant sur les risques qu’ils courent sur Internet, attendez-vous à ce qu’ils vous prennent pour des « nazes » et préfèrent vous mentir sur ce qu’ils font pour couper court à une conversation dès lors sans intérêt. C’est l’enseignement que retire de sa longue expérience des débats avec les ados, la chercheuse danah Boyd[11]. Par contre, intéressez-vous à ce qu’ils font, apprenez d’eux un certain nombre de choses et complétez leurs approximations ou manquements d’un partage de vos questionnements, de vos débuts de réponses et de ce que votre âge plus avancé vous donne comme expérience de vie… il y aura peut-être alors une chance que chacun s’instruise des pratiques de l’autre. Un meilleur début que de leur rentrer dans le lard au retour d’une conférence où l’on vous aurait asséné fortes statistiques –souvent non représentatives- sur les dangers du net !

 


[1] Comment réagir au cyber-harcèlement ?  Du rôle des parents à celui des écoles  http://www.rtbf.be/info/societe/detail_cyber-harcelement-comment-reagir?id=8140310

[2] BUTSTRAEN Christophe, « Internet, mes parents, mes profs et moi », De Boeck, Bruxelles – LLN, 2013. http://www.pedagolivres.com/fiche.asp?id=isdysaobfugysa&/internet-mes-parents-mes-profs-et-moi/christophe-bustraen

[7] Notons que la Fédération Wallonie-Bruxelles a mis sur pied et finance depuis 1995, un Conseil Supérieur de l’Education aux Médias et trois Centres de ressources pour une Education aux Médias à l’école et tout au long de la vie. Voir : http://www.educationauxmedias.eu/

[8] Média Animation, comme Centre de ressources, forme les enseignants et anime des projets d’éducation permanente en ce sens : http://www.media-animation.be/Thematique-no-1-Education-critique.html

Posté par communaute à 15:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 octobre 2013

En direct du Salon de l'Education

Pour la première fois, le Salon de l'Education se tenait à Charleroi. Vivacité y était aussi...

20131016_135306

Intégrer positivement les technologies en classe pour une Education aux médias réussie


La journée d'ouverture du mercredi 16 octobre était dédiée à l'Education aux Médias... L'occasion de faire entendre sur les ondes de la RTBf, le point de vue de la Fédération Wallonie Bruxelles en la matière. J'y figurais donc au titre de formateur de terrain, membre d'un Centre de ressources -Média Animation- dépendant du Conseil Supérieur de l'Education aux Médias (CSEM).

C'est donc dans l'émission "La vie du bon côté" pilotée par Sylvie Honoré, que j'ai eu le plaisir de converser une heure durant, de cette pratique pédagogique qui fait positivement place aux technologies et de l'approche critique que l'on nomme "Education aux Médias".

Pas du tout envie d'embrayer dans un débat sur les "Risques d'Internet" quand il y a tant d'usages favorables aux apprentissages. Et Madame Honoré l'avait non seulement bien compris... mais attendait que la vie soit prise "du bon côté"...

Pour écouter l'émission remontée (hors chansons, news et publicités) : télécharger ici

Posté par communaute à 15:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 septembre 2013

Cyberharcèlement, marronnier de la rentrée scolaire

Elle est intéressante, cette vidéo réalisée par RTL-TVi qui, en évoquant la rentrée des classes, décrit le retour d'une pratique liée à la vie de groupe : celle du harcèlement[1].

Pas un média, de presse écrite mais aussi de radio ou de télé, ne peut se permettre de passer sous silence l'ouverture de l'année scolaire... mais tous cherchent à traiter du sujet de façon originale. C'est ce que l'on appelle en jargon médiatique : un marronnier. Ce sujet qui se reproduit à date fixe et qui semble incontournable comme entre autres, la Saint Nicolas, les fêtes de fin d'années, les départs en vacances... . Mais le traitement peut varier d'un support à l'autre.

Il y a les classiques reportages qui abordent le sujet quelques jours à l'avance, quand un enseignant prépare son local et ses effets scolaires. Il y a l'évocation du coût de la rentrée en regard du montant des allocations de rentrée qui sont souvent sujettes à réajustement... vers le haut ou vers le bas. On évoque aussi souvent les conséquences de choix politiques (en Belgique, la question de la mixité scolaire en lien avec le décret "inscription" occupe le devant de la scène depuis plus de deux ans). Certaines modifications dans les choix pédagogiques justifient parfois que l'on informe le grand public de leurs conséquences concrètes : création ou suppression de filières ou d'options, investissements dans les nouvelles technologies (depuis deux ans, tableaux interactifs et tablettes se taillent la part du lion). Les éternelles questions qui associent vie scolaire et santé sont aussi au rendez-vous de la fin août : consommation alimentaire dans les cantines et à l'heure de la récréation, poids des cartables portés à bout de bras, aux épaules, quand le choix n'est pas plutôt de le tirer en mode "trolley"... .

Enfin, le jour même de la rentrée, il est de bon ton qu'une équipe de reportage suive un enfant entrant pour la première fois à l'école (avec les deux déclinaisons possibles : Jean-qui-rit et Jean qui pleure), que l'on interviewe les parents et parfois aussi l'enseignant. Sans oublier les rentrées d’exceptions : la famille royale est, elle aussi chaque année, sur le chemin de l’école. Le traitement est diversifié... jusqu'à prendre aussi la forme du non événement : dans tel village, il n'y aura plus de rentrée, l'école ferme du fait d'un nombre insuffisant d'élèves ou encore : dans telle famille, les enfants n'ont pas attendu septembre pour reprendre leurs livres et cahier. En effet, le choix familial est de ne plus suivre le cursus classique. Ce sont les parents qui enseignent à domicile, les enfants présentant leurs examens face à un jury d'homologation. Et puis, comme c'est le cas en Belgique cette année, si la Ministre de l'enseignement fait, elle aussi, sa "première rentrée"... on lui collera une équipe de journalistes !

Ici, l'angle d'attaque est celui de la vie de groupe. On l'a tous vécu d'une manière ou d'une autre, la composition d'une classe est un élément décisif du bien-être de l'enfant et constitue donc sans doute aussi un facteur intervenant dans la réussite scolaire. Si l'on choisit son école (dans les limites du décret que l’on sait), on ne choisit pas nécessairement les compagnons de classe et, le tirage au sort se faisant, on peut rencontrer sur sa route des partenaires qui auront un impact décisif sur notre parcours.

Le harcèlement entre enfants a toujours existé. Rappelons-nous le truculent roman de Louis Pergaud, "La guerre des boutons", portée à l’écran par Yves Robert. La dispute buissonnière et aussi dans les murs de l'école, figure parmi les interactions normales lors desquelles chacun apprend à se confronter à l'altérité. Il s'agit là d'une saine confrontation qui aide à construire sa personnalité tout en offrant du grain à moudre pour l'éducation au respect, à la citoyenneté et au civisme. Mais quand la confrontation à l'altérité prend la tournure d'un harcèlement (Julien Modave, le journaliste cite à titre d'exemples : brûlures, insultes, menaces de mort), on sait que des limites sont dépassées, que les conséquences sont dommageables et qu'une prise en compte doit recadrer le comportement sous peine de causer du tort et partant, de l'injustice.

Le sujet constitue donc une accroche grand public. Et RTL-TVi a choisi de le traiter en faisant appel au témoignage des téléspectateurs qui ont répondu nombreux. Et en invitant deux experts en plateau : un psychopédagogue et un formateur spécialisé dans la gestion de conflits.

D'entrée de jeu, la dynamique du harcèlement est bien expliquée : Il y a trois acteurs dans ce regrettable scénario : le bourreau et sa victime, certes, mais aussi un troisième pilier que l'on oublie trop souvent : les spectacteurs, ceux-là qui créent la situation de harcèlement spectatorisé qui, sans eux, serait plus simplement de la maltraitance entre pairs. C'est leur présence complice qui, finalement, authentifie le caractère spectaculaire de l'agression qui, si elle est répétitive, correspond à ce que l'on nomme "harcèlement". Outre la posture classique de dominé que l'on retrouve chez la victime, il faut prendre en compte chez lui ce sentiment d'impuissance qui le tétanise quand d'autres enfants confrontés à la même agression manifesteraient une opposition de bon aloi. C'est un système d'exposition à la vindicte d'un groupe avec, chez la victime, le sentiment d'être isolé et impuissant. Une impuissance qui semble être aussi partagée par le monde extérieur, les parents et parfois les enseignants auprès de qui pourtant les acteurs devraient pouvoir obtenir l'aide nécessaire pour arrêter le processus en cours.

Une fois ce processus décrit, le journaliste envisage de parler des solutions... Son entrée en matière est pourtant grave : Partant du témoignage de Jason, il commence par dire ; "On a tous connu cela (le fait d'être victime de harcèlement)." Il demande toutefois aux experts si cette situation est exceptionnelle ou non, aujourd'hui ? La réponse ouvre la porte à notre réflexion sur les technologies. La publication en ligne (et notamment dans les réseaux sociaux) des propos et des attitudes de harcèlement va amplifier la composante spectatorielle dont on parlait plus haut. Une publicité qui porte atteinte plus que d'autres monstrations en présentiel, à l'identité de la personne agressée.

Le problème fondamental du harcèlement et les pistes de sa prise en charge salutaire ne sont pas d'abord à chercher dans le fait technologique. Comme si le problème se manifestant dans un espace virtuel, il n'était visible qu'aux seuls spécialistes branchés au bon moment sur le bon réseau où s'exerce les malversations. Et pas non plus en cherchant des solutions de type techniques (Logiciels ou compétences techno-managériales au sein des réseaux). Les compétences évoquées par les deux spécialistes sur le plateau de télévision touchent d'abord à l'identification des faits dans la vie de la classe. Le résultat d'une vigilance exercée et d'une sensibilisation à toute une série de signes révélateurs d'une difficulté relationnelle entre les élèves. Une véritable sensibilité à déceler cette "Invisible visibilité du phénomène de harcèlement [2].

Cela n'a rien à voir d'abord avec Internet, Facebook et de quelconques compétences technologiques à mettre en place. C'est d'abord une question de savoir vivre collectif et de gestion de conflits au sein de la vie de groupe. Et ce n'est en rien une exception, mais bien plutôt un des poncifs de l'éducation de l'adolescent : un étudiant sur cinq serait concerné, toutes catégories sociales confondues. On pourrait le dire, un peu comme l'usage des substances illicites, il n'y a pas lieu de dire de façon effarouchée : "Cela n'existe pas chez nous !" Sans doute faut-il modestement mais réalistement reconnaître que cela fait partie des processus de développement de la personnalité de l'ado d'aujourd'hui que l'éducation à la charge de canaliser vers un mieux vivre ensemble et l'acquisition progressive d'une morale comportementale plus respectueuse d'autrui.

Intéressant ce détour par la référence au personnage du "Docteur House" de la série télévisée bien connue, pour décrire le manque d'empathie généralisé aujourd'hui plus qu'il n'y a une ou deux générations. Pourtant, on aurait aimé que l'expert en réfère alors à la stratégie qu'en Education aux Médias, on nomme "le jeu des trois figures" mis en place par le psychiatre français, spécialiste des écrans : Serge Tisseron. Car après avoir bien insisté sur les trois piliers d'une scène de harcèlement (bourreau, victime et spectacteur), il était aisé de dire combien le jeu de rôle, qui donne à interpréter chacune des postures pour en ressentir les effets sur soi et sur les autres, est une excellente méthode pédagogique de gestion du conflit. Un jeu qui part aussi du principe pas du tout évoqué par notre journaliste et ses invités que "si nous avons tous un jour où l'autre vécu ce genre de situation"... ce n'est pas nécessairement seulement comme victime ou spectateur, mais aussi parfois comme bourreau.

L'intérêt du jeu des trois figures est de donner à ressentir alternativement les effets/affects des TROIS rôles, de sorte que l'on comprenne pourquoi le harcèlement est une confrontation excessive et dommageable dans l'expérience de l'altérité. C'est de cette façon aussi que la victime retrouve, le temps du jeu de rôle, une posture où il peut passer à l'offensive pour tenter ensuite de mettre en place un comportement plus défensif et porteur de l'estime de soi retrouvée.

L'Education aux Médias peut aussi trouver place dans cette stratégie de renégociation des conflits, en mettant en mots et en images le vécu de ces situations conflictuelles. Des blogs, des pages de réseaux sociaux peuvent être dédiées à la réflexion et aux stratégies de gestion de conflits. Elles ont l'avantage d'être des espaces distants mais pourtant bien réels où finalement, on peut aussi apprendre à garder de la distance pour construire le respect de l'autre dans le respect de son identité numérique.



[1] Sujet sûrement porteur puisqu’à côté de la télé privée, la chaîne de service public a consacré, elle aussi, une partie de son magazine de rentrée à ce sujet : http://www.rtbf.be/video/detail_questions-a-la-une?id=1850448 . Avec là aussi, un appel à témoignage auquel 125 personnes ont répondu en se disant prêtes à figurer à visage découvert. Une émission qui a sollicité l’expertise du même psychologue et chercheur, Bruno Humbeek, spécialiste du harcèlement.

[2] Lire à ce sujet http://harcelement-entre-eleves.com/images/presse/Actualit%C3%A9s%20sociales%20hebdomadaires.pdf

 

Posté par communaute à 11:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]



02 septembre 2013

Ludovia 2013 : Quid de l’EAM dans ce temple des TICES ?

2013-08-26 21Nous avions rendez-vous avec un thème enthousiasmant, cette année encore. Après celui du « Plaisir d’enseigner avec le numérique en 2012 », la dixième année de l’Université d’été en Ariège était l’occasion d’évoquer les « Promesses (tenues ou non de 10 ans de numérique dans les écoles) et l’imaginaire (ce que l’on peut rêver pour les 10 ans à venir) ». Si la Fédération Wallonie-Bruxelles figurait comme invitée d’honneur, il y avait aussi une intention, celle de faire de la place à l’Education aux Médias (EAM). Retour avec vous, sur cette semaine très laborieuse.


Ludovia, c’est avant tout la rencontre de partenaires du monde scolaire qui ne bénéficient que rarement de cette opportunité de croiser, tous ensemble, leurs points de vue sur l’éducation : les politiques et leurs administrations, les chercheurs, les industriels, éditeurs et développeurs ainsi que les enseignants. Premier constat que vous ferez donc : les jeunes ne sont pas représentés… Tout au plus, l’un ou l’autre représentant d’une association de parents…

L’université d’été, c’est d’abord un colloque scientifique. Mais le nombre des inscrits a plutôt tendance à se maintenir alors que le programme orienté « grand public » ne cesse de voir son audience s’envoler. 700 participants physiquement présents (et 1900 visiteurs sur le net…) pour 600 en 2012. Le concept se décline en Conférences plénières, en Tables rondes, en Explor-Fab et Bar-Camps[1]. Du temps informel aussi, bien sûr… les repas, les temps libres (très, très peu) et l’incontournable et tout autant original « Biathlon numérique », sorte de « La tête et les jambes » cumulant la créativité pédagogique de partenaires choisis de façon aléatoire, et le jeu de boules.

Le programme est tellement dense qu’il est im-pos-sible de tout voir et entendre ! Vous revenez donc pour une grosse part, frustré, et avec un point de vue inévitablement partiel de la réalité. Reste que, sur Internet fort heureusement, beaucoup de comptes rendus permettent de compléter votre vision personnelle. C’est d’ailleurs la mission première de l’équipe internationale de bloggueurs influents : élargir l’audience[2] en relayant en temps réel les propos tenus et, si possible, en les commentant. Outil essentiel dans ce cas : Twitter et le hashtag « #ludovia2013 ». Mais le recul critique est difficile à faire dans le chaud de l’action. Plusieurs développent donc leurs réflexions sur leurs blogs (rédaction asynchrone)[3].

Un constat s’impose d’emblée au formateur en EAM que je suis : les participants ne sont pas inquiets (comme le sont souvent nos récipiendaires de formation) des risques de l’internet. Ludovia, c’est le temple des Tices… Autrement dit, tout le monde approche la réalité technologique comme un outil (plus ou moins) performant, capable d’effectuer des tâches (aussi scolaires) et que l’on sollicite afin de résoudre des problèmes de communication, de gestion de tâches, de simulation, … et surtout de production… Surtout !. Les pédagogies qui sont mises en œuvre sont actives et collaboratives. Ici, les réseaux sociaux, avant que d’être des produits commerciaux en ligne (entendez Facebook, Meetic, LinkedIn…) sont avant tout des communautés d’utilisateurs qui peuvent se rendre des services. C’est ce qui m’a le plus frappé cette année, dans le savoir-faire mis en œuvre par l’enseignant de terrain embarqué avec moi dans le Biathlon numérique : il jonglait avec les outils numériques en les utilisant chacun pour la tâche qu’il pouvait en attendre… tourné qu’il était prioritairement vers la tâche –pédagogique- que nous nous étions promis de réaliser. L’outil numérique[4]  n’était qu’un pipe-line, un vecteur pour faire avancer le smilbick : notre projet pédagogique. Dieu que l’on était loin de la peur et des freins qui détournent certains enseignants (et aussi énormément de parents) obnubilés par les « Dangers du net » ! A Ax, les thermes, ville d’eaux, bain de plaisir donc, dans ces usages débridés choisis à bon escient.

Mais quid de la réflexion critique, direz-vous ? Y a-t-il une réflexion d’EAM dans cette grand messe vantant l’efficacité des tuyaux technologiques ?

Soyons clairs : le propos central est bien celui des Tices dans l’enseignement. Mais les intervenants de la délégation wallonne ont bien senti la nécessité de mettre l’accent sur la complémentarité : équipement, usage et réflexion critique.

Marcel Lebrun[5], tout d’abord, qui a repris des propos qu’on lui connaît de longue date[6], sur l’émergence de nouvelles compétences, du fait de l’intégration des outils numériques. Sa conclusion était bien dans le sens de l’EAM. Il exprimait en substance, que si des lieux de réflexion comme Ludovia se contentent d’évoquer l’émergence de nouvelles technologies (entendez : smartphone, TBi, tablettes…) à chaque nouveau développement, on en oublie la question principale qui devrait nous mobiliser : « En quoi est-ce que cela change la pédagogie ? Est-ce que l’on apprend différemment avec ces outils ? Est-ce que l’on apprend mieux ? » La réflexion doit être pédagogique et non d’abord technocentrée.

André Delacharlerie ensuite qui participe, à l’AWT, à la réflexion sur les plans d’équipement des établissements scolaires et qui a produit une analyse 2013[7] des usages des Tices dans les écoles de la FWB. Très remarquée[8], sa participation à la Table ronde sur les ressources numériques et l’Explorcamp qu’il a animé en présentant EtiGliss, un outil logiciel développé par ses soins au bénéfice d’une enseignante de ses amies et distribué sur le site[9] partenaire de l’AWT. L’intérêt du propos, une nouvelle fois, était bien de rebondir : évoquer un outil numérique pour réfléchir sur les modifications du métier d’enseignant et sur les tâches que l’on fait accomplir aux apprenants. Plus que d’EtiGliss, André Delacharlerie parle des modifications méthodologiques que l’outil autorise dans le travail de Christine Van Hove, l’amie enseignante avec qui il a développé cette stratégie logicielle.

Isabelle Mars et Sandrine Geuquet enfin, enseignantes elles aussi de notre FWB, et qui ont partagé leur expérience d’introduction, l’une d’une plate forme LMS et l’autre des tablettes numériques, pour décrire les évolutions que cela engendre chez leurs collègues, une fois qu’ils réalisent ce que ces outils permettent comme repositionnement pédagogique de l’enseignant dans sa classe.

On attendait l’intervention de Claudine Damoiseau qui devait présenter le passeport Tic et y adjoindre le positionnement conjoint de l’EAM tel que sa participation aux GT du CSEM lui permettait de le décrire. Elle était hélas malade… et Sébastien Reinders (Technofutur) s’est dès lors contenté de faire une présentation très schématique des institutions francophones, sans pouvoir évoquer l’essentiel. Dommage !

Il y a donc eu beaucoup d’interventions intéressantes qui ont campé 10 ans de pratique du numérique. Une table ronde sur les ressources numériques a posé la question de la liberté de publication (éternelle question des droits d’auteurs[10]), une autre sur les ENT (espaces numériques de Travail) a fait resurgir la question des outils spécifiquement scolaires et fermés (protection versus dissémination plus audacieuse). On ne pouvait manquer non plus une réflexion (déjà sensible l’an dernier) sur l’émergence des tablettes. Cela a aussi permis d’aborder la question de la mobilité[11] (attendue, spatialement vraie ou virtuelle) dans la classe.

Personnellement, je reste un peu sur ma faim, car je n’ai pas senti suffisamment la complémentarité des approches. On a bien sûr dénoncé ce qui n’aurait été qu’une approche technique si l’on s ‘était contenté de parler du fonctionnement des outils (fussent-ils tout nouveaux). Mais approcher leur usage en classe peut, là aussi, se limiter à une réflexion didactique : comment implanter ? D’autres, au delà de la méthodologie, s’interrogent bien sûr sur les ressources médiatiques et les contenus disciplinaires, faisant de leur approche un souci procédural ou documentaire (Y a-t-il des produits –hard ou software- spécifiques pour mon cours ?). Tout cela est bien légitime mais pose essentiellement la question : qu’est-ce qui existe, comment ça marche et est-ce que cela rejoint le programme de la discipline que j’enseigne ? Ce qui relève pourtant de l’EAM est d’un autre ordre. Différent et complémentaire : Qu’est-ce qui se passe quand cela se passe ? Ce questionnement porte sur la manière dont l’individu se positionne de façon critique par rapport à l’apprentissage, son contexte et son contenu : Est-il actif ? Jusqu’où ?  Sa participation est-elle souhaitée à titre personnel ou au sein d’une collaboration ? Au delà de la compréhension, de la mémorisation ou de l’exercisation, est-ce que son jugement, sa réflexion, sont sollicités ? Sa capacité à inscrire sa posture dans un processus collectif est-elle requise (insertion dans un réseau apprenant, avec partage des ressources et/ou validation par les pairs…)? Bref, au cœur de l’apprentissage qui ne nie pas la place importante du contenu (savoirs) ou du processus (savoir faire), l’EAM réclame un pas de côté, une réflexion sur le processus en cours, sur ses finalités sociales (Savoir être). En ce sens,  l’EAM intègre toujours une dimension d’Education à la citoyenneté, d’où la structuration proposée aujourd’hui par le CSEM, sur base de la proposition de P. Fastrez et Th. Desmet[12].

Les interventions de Ludovia telles qu’annoncées auraient dû permettre une meilleure perception de cette distinction de questionnements. Si Marcel Lebrun a bien ouvert la réflexion, on aurait pu avoir, à l’occasion de l’exposé demandé à Claudine Damoiseau (Passeport Tic – FWB), une schématisation claire mettant en lumière la complémentarité des approches : Equipement des écoles, intégrations des Tices, développement de supports et scénarios pédagogiques en lien avec les disciplines, et enfin EAM (voir donc l'annexe sous les notes de bas de pages de ce post).

La prise en compte de cette complémentarité est encore assez marginale, car elle réclame d’embrasser largement les conséquences de l’intégration des technologies en classe. Savoir comment elles fonctionnent, les intégrer, en faire un usage qui serve la discipline que l’on enseigne et qui ouvre les élèves à des pratiques formatives nouvelles, c’est déjà un effort notoire. Le question spécifique de l’EAM s’ajoute à tout cela, posant une question supplémentaire porteuse d’une vraie question citoyenne. C’est une étape ultime dont beaucoup font l’économie. Soit parce que ces questions n’auraient pas lieu d’être, les médias en jeu ayant pour simple fonction d’instrumenter les apprentissages. Soit parce qu’il est normal de faire confiance aux développeurs et aux éditeurs qui, s’ils sont actifs sur le terrain de la publication éducative, ne peuvent avoir que légitimement gagné leurs lettres de noblesse.

Un peu comme s’il était incongru de remettre en question ce que dit le manuel scolaire de l’inspecteur, le scénario des sites éducatifs (pour ne plus évoquer les émissions de télé scolaire) ce qui est écrit dans le journal ou ce qui est présenté au JT.

Or l’EAM commence là, quand comprenant le mode opératoire de la production médiatique, quand connaissant les coulisses de ses productions, le consommateur médiatique se demande dans quel jeu il est pris… pour quels enjeux sociétaux d’apprentissage et de formation.

Ludovia 2014 sera la onzième édition, l’anniversaire donc des 10 ans de cette université d’été. Formulons alors deux souhaits : la présence active des jeunes dans cette version anniversaire. Et une plus grande place encore pour cette prise en compte de la diversité des approches du numérique qui donne une place plus nette à l’EAM

 

(Voir après les notes de bas de page, l'annexe sur les "Différents niveaux d'interrogation sur les tices")

[1] L’explorcamp est un temps de partage d’expériences, le fabcamp donne l’occasion de construire ensemble un parcours, un outil, … et le barcamp est l’occasion, autour d’un verre, de réfléchir ensemble en prolongeant le propos d’une conférence ou d’une table ronde, par exemple.

[2] 11 bloggueurs comptabilisant un cumul de 48.270 abonnés, ce n’est pas rien comme base de diffusion

[3] Mes impressions et analyses personnelles sont en ligne à l’adresse : http://mediacteur.canalblog.com/archives/ludovia_2013/index.html

[4] Nicolas Bretos disposait d’une large boîte à outils  auxquels se sont ajoutés ceux de Nicole Richard, notre co-équipière institutionnelle (elle bosse à l’Académie de Montpellier) et les miens. Belle collaboration dont vous pouvez lire la présentation : http://mediacteur.canalblog.com/archives/2013/08/29/27917472.html  !

[5] Les vidéos de M.L. sont tjs en ligne (voir : http://www.ludomag.com/tag/lebrun/ ) et fournissaient dès avant le jour « j » le cœur de son intervention.

[6] On connaît aussi bien sûr son penchant pour la classe inversée !

[7] Baromètre des usages Tices : secteur éducation http://www.awt.be/web/dem/index.aspx?page=dem,fr,b13,edu,005

[8] Voir  l’interview réalisée sur le chemin du retour :une heure et demi d’autocar vers l’aéroport… une belle opportunité saisie pour laisser l’homme nous présenter son enfant… Il ne s’est pas fait prier : http://mediacteur.canalblog.com/archives/2013/08/29/27917418.html

[10] Lire notre contribution : Tout droit les éditeurs, tout doux les copieurs : http://mediacteur.canalblog.com/archives/2013/08/27/27917743.html

[12] Voir cette première parution en ligne à l’initiative du duo de chercheur-enseignant : http://culturedel.info/grcdi/wp-content/uploads/2012/10/Seminaire-GRCDI_2012_texte-P.Fastrez.pdf

 


 

Annexe : Complémentarité des niveaux d’interrogation sur les Tices

 

1. Approche technique : Comment faire fonctionner l’outil ?

Exemples :

-       Se former à l’usage du traitement de texte, du diaporama, du courrier électronique, à la création de sites, de blogs, à la publication de newsletter, etc.

Certaines formations sont données dans cette optique, sans nécessairement s’inquiéter que l’apprenant comprenne ce qui se passe. Le focus est mis sur le résultat obtenu. Des procédures peuvent être enseignées en attendant de l’apprenant –servile- une acceptation et une intégration  mimétique du mode opératoire. L’essentiel est « que ça marche ».

 

2. Approche didactique : Quels services les technologies me rendent-elles dans la préparation de mes cours ou la gestion de mes classes ?

Exemples :

-       Dactylographier mes notes de cours, les partager en ligne, les co-construire avec des collègues dans des réseaux sociaux, etc…

-       Publier les tâches scolaires au sein d’un agenda partagé en ligne, établir un bulletin électronique pour ses élèves, gérer les corrections d’un TFE avec la fonction « suivi de modifications » des documents rédigés par l’élève.

L’intégration progressive des habiletés techniques permet à l’enseignant de transposer le processus de production de documents et de gestion de tâches dans des stratégies technologiques. Il ne change pas pour autant sa pratique, mais l’efficacité des technologies aidant, il fait son travail avec plus de rapidité et progressivement, une plus grande efficacité.

 

Approche procédurale et documentaire : Quels produits hard et software pour ma discipline ?

Exemples :

-       Quel logiciel pour mon cours (Cabri-géomètre en math, réseau des Clionautes pour les profs de géo, hist SVT, Autocad pour les métiers du dessin technique, …

-       Usage d’ENT ou de plates-formes LMS pour gérer des projets scolaires en ligne,

-       Converser en langue étrangère avec une classe de la langue cible, grâce au logiciel Skype

-       Mener un projet de correspondance scolaire via le net

Découvrant de nouveaux outils et de nouveaux supports en lien avec la discipline qu’il enseigne, le professeur se risque progressivement à de nouveaux usages. Les nouveaux outils font plus que ce qu’autorisaient les processus anciens. Dès lors, l’activité scolaire s’enrichit de nouvelles perspectives pédagogiques.

 

Approche d’EAM : Qu’est-ce qui se passe quand cela se passe ? Quelle modification dans ma pédagogie, quel changement de posture ? Quels nouveaux enjeux de société dans la construction des apprentissages ?

Exemples :

-       Mettre en place un forum d’échanges pour inviter les élèves à la construction collaborative des savoirs

-       Construire une méthodologie de recherche d’informations fiables en prenant en compte le caractère collaboratif des ressources publiées en ligne (par ex. dans Wikipédia)

-       Compréhension de la notion de « représentations médiatiques » compte tenu du fait de la sélection et du traitement d’un événement d’actualité

-       Interrogation sur le modèle économique qui sous-tend un producteur d’informations, de services ou de divertissements en ligne, notamment dans les univers se présentant comme « gratuits ».

 

-       Compréhension de la place de la publicité et plus largement des annonceurs dans le monde médiatique.

Ce faisant, l’apprenant élargit son questionnement. Il ne s’agit plus simplement de savoir comment cela marche, ni de se contenter d’obtenir le fruit de son travail avec un moindre effort, pour une efficacité renforcée et souvent aussi, avec une démultiplication des effets. Le parcours est maintenant l’occasion de s’interroger de façon critique sur le processus en cours et les enjeux occupés à se dérouler. Dans ce questionnement, on s’interroge également sur la place que l’on tient dans la société du fait du rôle que l’on nous invite à remplir.

 

L’EAM est une réflexion citoyenne sur les enjeux nichés au cœur de la communication médiatique s’exprimant au quotidien et des processus médiatiques mis en place au service des apprentissages.

Posté par communaute à 16:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 août 2013

Ludovia 2013 - "Réflexions axéennes" qu'ils disent

Difficile de publier en temps réel quand la kermesse bat son plein. Certes, il ne manquait pas de connexion(s), mais le multitasking a ses limites ! La diversité des événements ludoviens réclament un peu de recul pour tenter des réflexions axéennes. Mais laisser passer trop de temps risque tout autant de me faire replonger dans la folie du quotidien... alors n'attendons pas plus. Avant de quitter Toulouse... livrons quelques impressions.

Seconde année de participation, après une première expérience qui s'était passée à vivre l'événement à distance, grâce aux flux des bloggueurs. Et c'est clair, je préfère la perception "en prise directe". Non seulement pour prendre connaissance des propos qui se tiennent sur le devant de la scène, mais aussi pour les échanges de comptoir. Encore que je n'ai guère eu l'occasion de m'arrêter au zinc.

Au colloque scientifique, je préfère aussi nettement les échanges qui donnent l'occasion d'évoquer et d'entendre "le terrain". D'ailleurs, on en a parlé dans l'évaluation et les perspectives éventuelles pour l'an prochain : Et si on envisageait une représentation du dernier pôle concerné et qui n'est pas représenté nommément à Ludovia : Et si on rendait Ludovia enfants admis ? Je crois. Je suis sûr que j'aurais grand plaisir à entendre les réactions de nos "digital natives".

Beaucoup de personnes interviennent à Ludovia. Au sein d'une même table ronde, il a déjà été fait la remarque que trop d'intervenants rend le concept trop lourd. Je reprendrais bien cet argument en accentuant la remarque. Avec François Guite, je réclamerais bien qu'on tente des pecha kucha. Et que les intervenants soient obligés d'illustrer leur propos d'une situation de terrain, à tout le moins.

Bien évidemment, je marque mon accord avec les intervenants nombreux qui on bien pointé un risque de Ludovia (et de tout lieu de réflexion sur les nouvelles technologies) : s'évertuer à centrer le propos sur les nouveaux outils émergents. Alors que, les outils changeant certes, mais le propos doit être concentré sur l'évolution pédagogique en train de se faire. La chose était dite, dès le premier jour dans la conférence d'ouverture. Marcel Lebrun l'énonce depuis si longtemps que c'était déjà aussi présent dans les vidéos placées sur le site Ludovia avant même la tenue de l'université d'été. Les intervenants auraient déjà pu en tenir compte cette année.

Si bien sûr, les participants reviennent d'année en année et commencent à former une petite communauté bien identifiée dont chacun en devient capable de s'identifier par le prénom... il est important de continuer à mettre en place des dynamiques simples, légères de rapprochement et d'invitation à la collaboration. A l'image du biathlon numérique, je suggère que l'assistance aux tables rondes intègre ce principe. Au terme des échanges, avant que ne commence la séance de Q & R, donner le temps à la salle de s'agréger en petits groupes de 3-4, par proximité de fauteuils, de sorte à partager en quelques mots le sentiment qui domine... et de produire de façon concertée l'une ou l'autre question. Sûr que, comme le disait François Guite quand il a animé sa TR : "on commencerait avec la seconde question sans traîner, (car la première est toujours longue à venir)". Et cela devrait non seulement dynamiser la procédure de Q & R, mais aussi générer de la convivialité à la façon du biathlon.

Il est une question réccurrente qui devra sans aucun doute faire l'objet d'un traitement plus officiel... (peut-être jusqu'à en faire le thème d'une session ?), c'est la question du rapport toujours tendu entre les éditeurs de contenus et les enseignants-bricoleurs de leurs outils et supports. Au delà du monde numérique où l'on traiterait de la chose, c'est un propos qui ébranle un aspect fondamental de la place de l'enseignement dans toute la société : l'école doit-elle servir la société (et jusqu'où), ou a-t-elle un devoir de résistance qui légitimise une certaine marginalité des processus, voire cautionne une certaine transgression ? Quelqu'un a dit, cette année, "il faut apprendre à hacker l'information, si on veut être quelque peu critique". Et par ailleurs, les éditeurs constituent, on l'a dit aussi une aide bien appréciée aux enseignants qui ne peuvent, ni ne savent parfois, produire eux-mêmes tous leurs supports et contenus avec la performance et à la façon des professionnels. A chacun son métier, après tout... rémunéré à hauteur de la qualité du service. Quid donc de l'espoir de gratuité des contenus pédagogiques partagé par tant d'enseignants ? Quid de la reconnaissance et de la mise en oeuvre de leur propriété intellectuelle, quand ils créent, et de la défense de leur droit d'auteur ?

Dans cette même logique, faut-il privilégier des outils et des fournisseurs de services qui soient dédiés spécifiquement à l'éducation, (en attendant que cette exclusivité permette sécurité, protection, simplification des accès...) quitte à devoir embarquer les jeunes dans ces outils scolaires en ligne en faisant du "détournement de mineurs", ou faut-il plutôt rejoindre nos publics là où ils pratiquent des outils et des services grand public, connaissent déjà les procédures et les pratiquent (l'amélioration des usages suggérés dans les activités scolaires implantées de la sorte pouvant peut-être rejaillir de façon positive dans les usages ludiques). Amener des témoignages d'enseignants testant ces démarches opposées dans leur principe serait du plus grand intérêt.

Et puis, il y a une question n'a pas été abordée cette année et n'a encore jamais fait l'objet d'une réflexion collective prospective : Que devient la "culture générale" dans une société où les référents matière sont de plus en plus en concurrence avec des compétences et des capacités ? La question n'est pas posée du seul fait de l'émergence des nouvelles technologies, mais s'en trouve renforcée. C'est une question qui aurait le mérite de faire préciser la place à donner à l'enseignement général à côté de ce que l'on développerait bien plus facilement dans des filières d'enseignements technique et professionnel, lesquelles retrouveraient peut-être dans ce débat, une légitimité et une valorisation qu'elles ont perdu de façon regrettable.

Voilà, je termine sur cette suggestion, car le décollage est proche. Il y a une vie après Ludovia... toujours un peu ludovienne. Je tourne cette page 2013... Quoique sur Twitter, je continuerai de prendre connaissance des "réflexions axéennes" de mes collègues qui comme moi furent en mal de produire unesynthèse à flux tendu. Il y a notamment (et je mettrai  cette liste à jour, revenez donc voir)

- Encore un nouvel étonnant microcosme (Michel Guillou)

- Coup de coeur de B. Crabère (Café pédagogique)

- Comment passer de la cuisine de Mémé Moniq à Ludiva ? (Eric Delcroix - Lille)

- Pensées axéennes de Michel Guillou : épisode ultime

Et puis goûtez au plaisir de ce clin d'oeil toulousain


Il est loin, mon pays... j'y retourne...Oh, mon pa-ys...Tou-louz... oh, Toulouze

Je reprends l'avenue vers l'école, mon cartable est bourré de coups de...poings ?... non, Claude !
Avec Béatrice Crabère, je dis aussi... Coups de coeur

 - Michel Berhin @Mediacteur -

Posté par communaute à 19:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

#Ludovia2013 sur Twitter : Contributions de @Mediacteur

Retrouvez les contributions Twitter de @Mediacteur sous la forme d'un Storify en ligne.

Le choix a été de ne pas commenter ce qui se disait dans la salle (sauf de rares exceptions), mais de permettre à sa TL. d'abord, et aux lecteurs du haschtag convenu ensuite, de suivre les propos échangés en temps réel.

Pour toute autre réflexion ou analyse, @Mediacteur développe une série d' articles sur le présent blog.

Posté par communaute à 08:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 août 2013

Biathlon, fabcamp d'un genre particulier

Ludovia, il faut y être allé, pour se rendre compte que les portes d'entrées sont vastes et multiples et que le participant ne peut qu'éprouver de la frustration de ne pouvoir emprunetr tous les chemins de découvertes qui s'offre à lui. Encore que, pour en avoir déjà une bonne idée, il suffit de visiiter le site internet. Alors, direz-vous pourquoi en plus aller perdre son temps à jouer aux boules ? Eh bien, je m'en vais vous expliquer cela !

Le Biathlon numérique existe à Ludovia depuis 2011. C'est une épreuve de type "La tête et les jambes" qui s'organise sur base de la constitution aléatoire d'équipes invitées à un challenge de type Fabcamp et à un tournoi de pétanque pour la partie physique. Si l'aléatoire intervient, il est tout de même un peu canalisé par l'organisation, et de façon fort judicieuse. Il n'est donc pas question de composer des teams sur base des affinités ou de la volonté de performance. Il est convenu que, dans la mesure du possible (car on ne maîtrise pas le nombre et le profil des candidats qui s'inscrivent sur base volontaire), on associera de façon mixée des enseignants, des chercheurs, des institutionnels qui se prêteraient au jeu... les invitant (c'est la première consignes contraignante à intégrer dans leur créativité, un exposant jouant le jeu du partenaire technologique).

Qu'on le comprenne bien : assumée sereinement, une contrainte est avant tout facteur de créativité. Cela étant admis, voilà donc comment se déroule cette activité qui a donc pour but d'instrumenter quelque peu les rencontres et de suggérer de dépasser les éventuels freins de timidité qui habiteraient les primo arrivants à cette université d'été. (Voir Biathlon, première & Ludovia 2013, j'en aui les boules)

L'édition de l'an dernier se déroulait par paire. Avec Mathieu Salvan (CDDP de l'Ariège), j'avais eu grand plaisir à croiser nos représentations et compétences, nos capacités techniques... et notre savoir-faire de boulistes (pétanquiste existe aussi, remarquez !). On avait été très bon. Je n'en dirai pas plus... Mais vraiment très bon !

Cette année, la partie s'est déclinée de façon encore plus intéressante, puisqu'il s'agissait de concourir en triplettes et que, vous l'aurez compris, un des premiers points fort de ce type d'activités, c'est la rencontre, les échanges de points de vue, la construction d'un projet commun. J'ai donc fait très bonne équipe avec Nicole Richard, chargée de mission Tices à l'Académie de Montpellier et Nicolas

  • Brainstorming sur l’avenir du numérique pédagogique
  • Scénarisation d’un récit de type « fiction »
  • Négociation des choix en équipe
  • Elaboration d’un module de présentation avec l’outil « Prezi »
  • Navigation web, tri d’infos, sauvegarde
  • Gestion images fixes
  • Importation, convertion et sauvegarde vidéos
  • Tournage vidéo avec caméra embarquée
  • Remontage avec un logiciel type Movie Maker
  • Présentation orale en public

Alors, ce biathlon ? Du temps perdu ? Sans doute pas... C'est un Fabcamp un peu particulier qui est très riche pour une partie du public de Ludovia. Merci Nicole et Nicolas, d'y avoir apporter toute votre personnalité et votre créativité. Votre savoir faire et vos questionnements. Nous avons passé un bon moment... au point de choisir d'assister aussi ensemble à d'autres moments de ces 4 jours où nous aurions pu pourtant "lâcher les boules".

Posté par communaute à 17:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



Fin »