Mediacteur

16 septembre 2011

La neutralité de Google remise une nouvelle fois en question

Capture d’écran 2011-09-16 à 09

Très intéressant, cet article de La tribune.fr qui évoque la manière dont Google fait des suggestions quand vous commencez à introduire un mot-clé dans sa zone de dialogue de recherche.

"depuis le lancement de Google Suggest, rebaptisé entre-temps « Prévisions de recherche », plusieurs jugements rendus par des tribunaux français donnent des coups de griffes à l'impartialité revendiquée de Google."

Le sujet mérite réflexion. En effet, les prévisions de recherche peuvent être vues très positivement comme une aide à la formulation de sa requête. Mais certaines propositions peuvent, à l'inverse, être pressenties comme des assemblages thématiques douteux ! N'est-ce pas à chacun d'apprécier ? Sans doute... mais les intéressés qui voient leur nom associé à des thèmes pas très élogieux, peuvent-ils porter plainte pour atteinte à leur notoriété, voire au non respect de leur vie privée ? A-t-on encore une vie privée aujourd'hui ? Oui, bien sûr... mais jusqu'où le concept est-il revisité ? Là est la question !

Enfin, Google n'est pas totalement insensible à la question, puisqu'il filtre déjà un certain nombre de termes, notamment ceux liés à la pornographie, l'incitation à la violence et la haine. Mais là aussi, une question : avec quels critères ? Car si ces trois raisons de filtrage sont sans doute légitimes, on ne sait alors pas de quoi d'autre Google est susceptible de faire la "censure".

A l'utilisateur, finalement de se poser des questions et de ne pas croire qu'il n'y a de recherche qu'avec Google !

D'autant qu'un second article permet d'illustrer les coulisses d'une manipulation éditoriale dont Google suggest pourrait être, non seulement la victime mais aussi l'instrument. Il est intitulé :"Comment manipuler l'information sur Internet - Petit manuel de barbouzeries numériques ou comment balancer des boules puantes en 2012".

Il s'agit de la troisième partie d'un triptique sur le sujet écrit par Vincent Glad, journaliste à Slate.fr et étudiant à l'EHESS.. C'est un peu "pousse au crime", ce genre d'article, mais cela permet de faire comprendre que la technologie a ses revers et que le dernier juge, en final, reste l'internaute qui doit prendre la mesure des "infos" qui circulent.


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12 septembre 2011

Aborder la presse écrite en classe ? Oui, mais avec quelles ressources, direz-vous…

portail

Publier en ligne le résultat d’un travail scolaire, c’est lui donner une seconde vie et un retentissement valorisant pour l’élève auteur. Les enseignants qui intègrent la presse en classe savent-ils qu’ils disposent au sein des Projets thématiques de Wikipédia, d’une opportunité de collaboration avec des collègues et d’une aide logistique qui les soutiendra en cas de difficultés ?

L’enseignant qui aimerait travailler la presse écrite avec ses élèves dispose aujourd’hui d’un vaste soutien opérationnel. En Communauté française, l’opération « Ouvrir mon quotidien » offre une structure spécifique qui se compose de trois éléments :

-          La fourniture de journaux

-          La visite de journalistes professionnels en classe

-          Un site internet (1) centralisant non seulement des ressources sélectionnées et commentées par les animateurs pédagogiques des Centres de Ressources en Education aux Médias, mais offrant aussi un espace de partage (Vos réalisations), de sorte à ouvrir les échanges entre enseignants de terrain.

A côté de cela, de nombreuses ressources existent aussi, qu’il s’agisse d’ouvrages et de publications papier (voir la base de données de la rubrique « Documentation (2) » sur le site OMQ) mais aussi des sites internet dédiés à cette thématique. En effet, hors de la Communauté Française, nombreux sont les autres systèmes d’enseignement qui ont également leurs opérations d’intégration de la presse écrite dans les écoles.

Parmi les multiples pistes possibles d’information sur le monde spécifique de la presse écrite, il y en a une qui mérite tout particulièrement l’attention des pédagogues. Il s’agit du « Portail de la presse écrite sur Wikipédia (3)». Certes, on sait la prudence avec laquelle il faut sélectionner l’info mise à disposition en ligne (et pas seulement sur Wikipédia), mais l’intérêt particulier de l’encyclopédie collaborative, c’est aussi sa dimension participative. Prendre de l’info, mais aussi en composer. Pourquoi en effet les élèves ayant travaillé la presse en classe ne seraient-ils pas capables de compléter des articles existant ou d’en publier de nouveaux ? Un challenge intéressant notamment parce qu’il révèle dans l’action que l’encyclopédie est donc bien le fruit d’une collaboration toujours tâtonnante, et donc perfectible. Une manière pratique d’éveiller l’esprit critique, donc !

Il y a de nombreux articles de l’encyclopédie qui ont un lien avec la presse écrite : des termes spécifiques, des biographies, du vocabulaire en lien avec la technique d’impression, des articles décrivant les métiers du journalisme et de la publication médiatique… C’est la raison pour laquelle un portail spécifique a été créé qui établit les connexions entre tous ces articles. Un portail, c’est un élément structurant de l’encyclopédie qui complète la catégorisation des articles… sans quoi, chaque sujet serait isolé comme dans un simple dictionnaire.

L’intérêt d’un portail, c’est aussi de rassembler des auteurs dans un projet éditorial. En effet, les contributeurs sont invités à se signifier. Ils élaborent ensemble une table des matières et affichent ainsi une liste d’articles qu’ils seraient intéressants de rédiger, de sorte que la thématique soit couverte de façon homogène. Sans cette disposition, il se développe des articles de façon aléatoire, au gré des contributeurs de passage, mais les chances qu’un sujet soit couvert en bonne intelligence restent tout autant fortuites.

Appel à collaboration

Voici en quels termes il est actuellement fait appel à participation : « Le Projet Presse écrite est un projet Wikipédia (4) qui a pour but de coordonner les efforts pour regrouper et améliorer les articles traitant de la presse écrite (5). Vous trouverez ci-dessous les tâches à réaliser ainsi que les outils et les conseils liés à l'avancement des articles en rapport avec la presse écrite. N'hésitez pas (6) à participer au projet et à ajouter votre nom ci-dessous comme participant officiel ».

Le double but avoué d’un appel à contribution est d’améliorer ce qui existe déjà et de compléter cette ébauche. Tout cela en tentant d’atteindre pour un maximum de contributions, le niveau de ce que l’on appelle un « Article de qualité ». Pour l’instant, seule l’évocation de Charles Théveneau de Morande (7) est jugée de bon niveau. C’est peu !

Il existe de nombreux moyens pour aider à améliorer ce projet :

  • Corriger les articles existants ;
  • Compléter les ébauches presse écrite ;
  • Créer de nouveaux articles (par exemple ceux mentionnés dans le cadre « À faire » et plus généralement tous ceux signalés par un lien rouge) ;
  • Ajouter les catégories correctes aux articles répertoriés dans la catégorie presse écrite  ;
  • Illustrer les articles avec de images autorisées ;
  • Vérifier les dernières modifications sur la presse écrite..

On le voit le travail ne manque pas pour ceux qui voudraient se mobiliser. Mais peut-être êtes-vous inexpérimenté ? Là aussi, il faut souligner l’intérêt d’un Projet Wikipédia. En effet, il est toujours porté par une équipe de pionniers. Actuellement 5 contributeurs référencés ont apposé sur leur page profil la mention {{Utilisateur Projet/Presse écrite}}. Ils sont donc personnes-ressources pour le projet. C’est avec eux que l’on peut planifier le travail. C’est surtout leur aide qui vous mettra à l’aise lors de vos premiers pas. Car c’est bien le principe de cette encyclopédie : si vous avez envie d’écrire, lancez-vous. D’autres viendront compléter votre travail et, éventuellement le corriger. Pas de nécessité d’être parfait et définitif dans vos propos… A coup sûr, votre travail si bon soit-il, sera remis sur le métier par d’autres. C’est d’ailleurs une bonne expérience d’humilité intellectuelle que de se rendre compte qu’après avoir mûrement pesé vos propos et avoir choisi les meilleurs termes pour les communiquer, il apparaît que l’on veuille malgré cela apporter des corrections. Pour un mieux… on l’espère. Mais ce n’est pas toujours le cas ! Et donc, en cas de conflit de formulation, il vous faudra apprendre à être négociateur patient pour construire un compromis satisfaisant.

Au sein d’un Projet Wikipédia, c’est toute une équipe qui travaille de concert. Alors, lancez-vous et mobiliser élèves et collègues sur les tâches à couvrir.


 Exemples de contribution possible :


 1.       Présenter un quotidien belge

Dans la catégorie « Presse écrite sur papier en Belgique », sont mentionnés les principaux groupes de presse belge. La liste de leurs titres est également développée. Dans celle-ci pour l’instant, seul « Le courrier de l’Escaut » est écrit en bleu, signe que la page correspondante a été créée. Les autres titres sont tous rédigés en rouge, attendant que l’on crée les articles.

Pour entamer le travail, il suffirait de s’inspirer de la présentation du « Courrier de l’Escaut » et d’en reproduire la structure par simple copier/coller dans une nouvelle page. En effet, il y a lieu de formater semblablement les articles qui offrent le même type de contenu. En l’occurrence ici, le sommaire de la présentation du quotidien comporte les rubriques suivantes :

Voilà donc une proposition à partir de laquelle travailler… car chaque titre a aussi ses particularités.

 

2.       Participer à la présentation des métiers de la presse écrite

Dans la page « Portail de la presse écrite », à côté de « Grandes signatures » figure une sélection d’articles intitulée « Les métiers ». La liste mentionnée est loin d’être complète. Ainsi, le pigiste par exemple n’y figure pas. On serait donc tenté d’ouvrir une nouvelle page pour ce faire. Toutefois, il importe alors de vérifier que l’article n’existe pas déjà, sans qu’il ait été mentionné dans la rubrique que nous nous apprêtons à compléter.

Une recherche dans le moteur interne de Wikipédia apporte la confirmation que le « pigiste » a déjà son article. La contribution possible sera donc d’abord d’insérer la mention de la page existante dans la liste des métiers déjà amorcée. Et puis de voir si cet article sur le « pigiste » ne demande pas des compléments ou des corrections que l’on pourrait proposer. De plus, si certains métiers de la presse écrite sont déjà à l’état d’ébauche, certains d’entre eux peuvent justifier des relectures ou des amendements. Alors…lancez-vous avec vos élèves.

 

Des doutes quant à l'a propos de Wikipédia ? Visionnez et débattez de ceci avec vos élèves


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19 août 2011

Quelle mine documentaire... notamment la rubrique "ressources"

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http://www.surlimage.info/index.html

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Intervention, ce lundi 22 août, au Cunic de Charleroi

« La formation d’Adultes et les nouvelles technologies de l’information et de la communication : opportunités, enjeux et balises »

22 août 2011 - Centre PME - Gilly

Je traiterai en ouverture de journée, de la question :

  • " A l'heure des réseaux sociaux, que devient le métier de formateur ?"

Le diaporama est accessible sur slideshare et le texte de l'intervention ici : Cunic_texte

Après quoi nous entendrons :

  • La politique de lutte contre l'exclusion numérique en Belgique: enjeux et perspectives d'avenir.

Par Périne Brotcorne - Historienne et Sociologue, Chargée de recherche à la Fondation Travail –Université

  • Les compétences NTIC font-elles la différence dans la recherche d’emploi des demandeurs d’emploi peu qualifiés ?

Par Pierre Lelong -  Manager Pôle Ressources et Diffusion, Technofutur TIC ASBL

Témoignage de MICROBUS ASBL avec Dominique Rorive, Coordinatrice Pédagogique et Stéphanie Gonay, Formatrice

  • Nos apprenants sont-ils des cyberdépendants ?

Par Minotte Pascal, auteur du livre « Cyberdépendance et autres croquemitaines », Psychologue, Psychothérapeute et Chercheur à l’Institut Wallon pour la Santé Mentale

  • Les technologies dans la formation : entre mirage technologique et virage pédagogique ?

Par Marcel Lebrun, Professeur en technologies de l’éducation à l’UCL, Directeur de la cellule «Technologies » de l’Institut Pédagogique universitaire et des Multimédias (IPM) et Conseiller pédagogique à l’IPM.

Témoignage d’Odile DUPONT, Coordinatrice des projets e-learning, FOREM Formation

 

Cette journée de colloque trouve place dans une série d'ateliers menés entre les 15 et 26 août.
Programme complet ici.

 

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11 août 2011

Et bang ! Yahoo fait dans le Bing

"Powered by Bing" voilà comment désormais on pourra lire les résultats affichés par Yahoo!France !

Cherchez la différence... Pour vous faire gagner du temps, passez par le site d'Olivier andrieu (Abondance.com) pour évaluer les modifications. Cette analyse est parue dans la lettre du 5 août, laquelle contient aussi d'autres réflexions intéressantes que je ne peux que vous inviter à lire :

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19 juillet 2011

Presse belge francophone... hors jeu de Google

Capture d’écran 2011-07-19 à 12

Les titres de la presse francophone et germanophone belge ne figureront plus (ne dites jamais : jamais) dans les résultats d'une recherche instrumentée avec Google, suite au jugement rendu dans l'affaire qui opposait les mêmes acteurs... et qui concernait la reprise -sans payer aucun droit- des articles de presse desdits journaux dans la rubrique "Actualité" de Google.

Le géant américain du référencement, condamné à retirer ces "emprunts" de sa rubrique... a adopté une position plus radicale qui ne fait pas l'affaire des journaux concernés. En effet, en supprimant purement et simplement tout référencement dans ses pages de résultats, elle priverait maintenant les sites des journaux de 20 à 30 % de lecteurs qui passaient par le moteur en ligne pour être aiguillés sur les articles de presse !

Ah, ben oui... C'est un rapport de force qui s'est engagé là ! Un rapport commercial. Et un modèle économico-éditorial, dira-t-on aussi !

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07 juillet 2011

Référencement : Le poids des mots clefs selon leur place

Voilà un article qui annonce la publication d'un ouvrage sur le sujet du référencement par Google... et le moins que l'on puisse dire, c'est que la recette de l'agorithmie cachée n'est pas de celle d'une petite bière !!

Voiir : http://www.journaldunet.com/solutions/moteur-referencement/google-decode-les-300-criteres-de-classement/le-poids-des-mots-clefs.shtml

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01 juillet 2011

Fracture numérique... attention écoles, à ne pas reproduire !

Capture d’écran 2011-07-01 à 12

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire :
Apprendre à gérer son attention, un enjeu pour les écoles.

Mais dans cet excellent article de Stéfana Broasdbent, il n'est pas question que de cela, me semble-t-il. Aussi, je me permets de reproduire le dernier paragraphe en entier.... Droit de citation autorise.

" Vigotsky, le grand psychologue russe du développement, a dit que dans le développement chaque chose apparaît deux fois, la première fois sur le plan social et ensuite sur le plan psychologique. Les règles et les comportements que les enfants apprennent socialement avec leurs camarades de classe seront éventuellement intériorisés et deviendront partie intégrante de leur bagage intellectuel.
 
Le cas de St Paul's n'est sans doute pas unique (je serais ravie de pouvoir recueillir les témoignages d'écoles qui abordent ces problématiques), mais dans ce cas, le fait que cela se passe dans une école où les élèves sont sélectionnés sur des critères académiques et économiques, suggère qu'il y a un fossé fondamental entre ceux auxquels la société accorde sa confiance pour gérer leur propre attention, et ceux auxquels elle ne l'accorde pas. On fait confiance aux enfants de St Paul's afin qu'ils apprennent à pratiquer et à manifester leur engagement vis-à-vis des institutions auxquelles ils appartiennent, mais aussi parce qu'ils recevront plus tard cette confiance en tant que membres d'une élite professionnelle.
 
Dans les écoles où les enfants viennent d'environnement moins privilégié, où il y a moins de moyens et moins d'enseignants, où subsistent des préoccupations d'apprentissage plus fondamentales, le sujet de l'accès au digital peut facilement être considéré comme trop complexe et trop controversé à gérer.

Cependant, en restreignant formellement et en sanctionnant l'utilisation d'appareils personnels, ces écoles véhiculent exactement les mêmes distinctions sociales que les lieux de travail qui emploieront plus tard ces enfants. En refusant la confiance, en signalant qu'on ne peut pas se fier à ces enfants pour gérer leur attention, les écoles renforcent l'idée que certaines personnes n'ont pas la capacité de se concentrer et d'être autonomes dans leur relation à la technologie. Elles présument, exactement comme les environnements de travail les plus restrictifs que nous ayons rencontrés, que les étudiants sont incapables d'établir les bonnes priorités. En entretenant et renforçant ces croyances, les écoles renoncent à l'opportunité de les aider à apprendre comment devenir autonomes dans la gestion de leur attention, et comment utiliser ces appareils en tant qu'outils pour apprendre."

Et je souscris à cette volonté de Media litteracy quand elle vise à "apprendre à des jeunes gens comment être poli en ligne, comment aborder les distractions, comment publier sur le web, leur faire prendre conscience que ce qu'ils écrivent est lu par des audiences auxquelles ils ne s'attendent pas nécessairement, et qu'ils ne connaissent pas. [...] enseigner aux enfants ce qu'est la confidentialité, la vie privée, leur apprendre la rémanence de l'information qu'ils mettent en ligne, et qu'il s'agit d'être prudent et critique par rapport à certaines des innovations qui apparaissent, les faire réfléchir sur la technologie et ne pas l'accepter juste comme un jeu merveilleux".

Quels que soient son milieu familial et son école, pas un jeune ne devrait passer à côté de ces apprentissages...

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30 juin 2011

Interview de Michel Hagnerelle dans le Café pédagogique

hagnerelle2 

Voilà bien une interview que j'aurais aimé réaliser. Il me semble en effet que Michel Hagnerelle fait remarquablement le point sur l'introduction du numérique à l'école. Partant de ma pratique de terrain, je le suis dans la plupart de ses raisonnements. J'aimerais en quelques mots lister les similitudes de points de vue... mais aussi apporter deux, trois nuances, car je ne concluerai pas comme le texte de François Jarraud le propose.

Les manuels numériques : on n'est qu'au début du phénomène... et l'on verra apparaître de nouveaux réseaux de producteurs d'outils pédagogiques. Je le pense sincèrement... et l'appelle de tous mes efforts en formation. Autant les enseignants ont toujours été productifs de la plupart de leurs outils dans le passé, autant j'espère aujourd'hui qu'ils se saisiront des moyens de publication en ligne pour transférer (mais il y a plus qu'un simple transfert, nous sommes d'accord) leur ingéniosité didactique dans ces nouveaux espaces virtuels, et notamment les réseaux qui invitent de plus en plus au travail collaboratif.

Il est impératif que les enseignants gardent leur liberté de choix des manuels. [...] Aussi la grande question c'est faut-il continuer à proposer aux élèves des formes de manuel structurées et structurantes ? Voilà de bonnes questions et d'autant plus si on est convaincu qu'ils peuvent en produire eux-mêmes. Michel Hagnerelle sous-entend alors une labellisation possible... Je suis par contre plus sceptique sur la nécessité de s'engager sur cette voie.

Les ENT ne sont que des tuyaux. [...] Les TBI c'est bien, cela permet aux enseignants de s'approprier le numérique. [...] Les ordinateurs actuels sont encore trop lents, trop fragiles pour une utilisation sur une séquence d'une heure. [...] Les tablettes pourraient devenir une solution si elles progressent. A court terme, c'est le bain numérique dans lequel on est plongé. Il faut pouvoir en prendre la mesure. Oser donc aller en eau profonde... Mais tout passe (combien de temps les CD-rom, les TBI, les tablettes.... avant que n'émerge autre chose ?) Et donc, ce qui restera, ce qui est important de mettre en place en mutant dès aujourd'hui, c'est le (re)positionnement pédagogique à l'heure de l'émergence technologique. Les bonnes questions à se poser en acceptant cette mutation, Michel Hagnerelle les formule bien : "Quand on aura résolu la question des ordinateurs alors il faudra savoir combien de temps on passe dessus ? Quels travaux peuvent être faits sur écran ? Comment le professeur doit communiquer avec la classe ? Ca va poser aussi la question du support cahier. Et on se rend compte qu'en fait ca renvoie au mode de fonctionnement de la classe. [...] Comment l'élève apprend-il avec le numérique ? C'est un sujet qui reste encore largement inconnu. On se doute bien que les usages quotidiens de l'ordinateur que pratiquent les élèves affectent leur façon de penser. Ils zappent en permanence. C'est très différent de la façon dont on fonctionne à l'école où on fixe plutôt des raisonnements dans la durée. Et l'école doit aussi stabiliser l'attention des élèves. Les questions sont donc d'abord pédagogiques ! TBI, tablettes, Facebook... des tuyaux... intéressants... mais des tuyaux.. seulement. Et pour un temps. En revenir alors à l'analyse des usages et à leur intérêt en termes d'apprentissages.

Ils zappent... certes ! Et s'il s'agit d'une navigation désordonnée, alors inquiétons-nous. Mais est-ce seulement ça qui est à l'oeuvre dans la "jonglerie intellectuelle" que les jeunes commencent à pratiquer ? Je ne répondrais pas trop vite à cette question sans prendre le temps d'observer "ce qui se passe pendant que ça se passe". Sans pour autant verser dans le  "Ils sont devenus multitâches"... mais en refusant de condamner d'emblée une capacité nouvelle qui ne demande peut-être qu'à être appréciée à la lumière de nouvelles pratiques encore à définir.

L'école doit aussi stabiliser l'attention des élèves... Le DOIT-elle ? Le doit-elle TOUT LE TEMPS ? En TOUTES CHOSES ? Peut-être doit-elle aussi apprendre aux jeunes à jongler mieux, s'il apparaît que la jonglerie devient un élément déterminant dans l'activité mentale d'aujourd'hui et de demain (°). N'est-ce pas d'ailleurs en lien avec cette autre prise de position de l'interviewé : "Les éditeurs de jeu ont un vrai savoir-faire que n'ont pas les éditeurs scolaires pour faire passer de la complexité. Ils auraient intérêt à se rapprocher." Emergence des Serious games, aujourd'hui... une piste à creuser pour tout pédagogue (voir les liens en bas d'article qui vont aussi en ce sens).

Si on est convaincu que le numérique est intéressant il faut dire que ça prendra du temps. Il faudra en même temps faire évoluer le matériel, les pratiques des professeurs, celles des élèves et enfin les examens. Peut-on imaginer une autre façon d'évaluer aux examens ? Chargé de mission pour la formation des enseignants depuis 16 ans, je signe des deux mains. Les Tics à l'écoles, il ne s'agit pas d'une réforme que l'on pourrait circonscrire dans un plan de x années, avec la volonté d'y accorder des objectifs stricts, un budget limité et une période d'implantation bien estimée de sorte à générer le retour sur investissement au terme choisi (imposé ?). Ici, il faut plutôt parler de mutation profonde qui justifie que l'on donne le temps au temps. Et que l'on investisse sans croire qu'on aura un jour fini d'avancer dans ce sens. Illusoires, les plans de financement d'une formation continuée des enseignants qui estimeraient pouvoir un jour clôturer tout investissement dans ce domaine. Au contraire, c'est bien de Recherche et Développement dont il faut parler ici.

Et l'évaluation ? Vaste question revenant sans cesse dans les débats pédagogiques... Faut-il évaluer les méthodes d'enseigner ? Y en a-t-il de bonnes et de mauvaises ? Où placera-t-on alors les Tics dans cette répartition manikéenne ? Je pense personnellement que les méthodes sont là, multiples et constituant une vaste boîte à outils, pour que l'enseignant s'en serve selon le public qu'il a devant lui, l'apprentissage qu'il doit proposer, sa propre aisance avec l'outil pédagogique et le temps dont il dispose. J'aime en tout cas le pragmatisme affiché par Michel Hagnerelle sur cette question méthodologique introduite par François Jarraud : "Est-ce que finalement le numérique ne remet pas en question l'enseignement magistral frontal ? N'encourage-t-il pas à la pédagogie de projet ?". L'interviewé ne répond pas par un simple "Evidemment oui !" Il nuance ainsi : "C'est sûr que les usages du numérique transforment les pratiques de la classe. [...] On a d'abord besoin de réflexion pédagogique. Que les professeurs s'approprient les outils. L'expérimentation fait naître des questions, des difficultés. On avance, on trouve des solutions. Mais il faut du temps."

Mais pourquoi n'avoir pas alors conclu avec ces mots ? En effet, la conviction exprimée dans la fin de l'article et d'ailleurs reprise dans le titre et le chapeau semble évoquer tout autre chose : la course que se livreraient la société et l'école... et le classique débat sur "L'école préparant à la société -quelle qu'en soit l'évolution- ou sa mission d'éducation citoyenne, quitte à réclamer un devoir de résistance face à cette évolution, en l'occurence technologique".

Si c'est pour dire que l'école sera toujours en décalage avec le monde d'aujourd'hui... allons-y ! C'est un fait... avec lequel les enseignants travaillent depuis toujours, bon an mal an. Un peu inutile, dès lors. Par contre, si c'est pour amorcer un mouvement de repli face à une évolution  qui est pourtant inévitable et que l'interview mettait bien en lumière... alors j'agite mon drapeau ! Selon moi, l'école doit être à l'avant-garde des utilisations intelligentes des outils ambiants, s'ils peuvent être mis au service des apprentissages. Le décalage est peut-être inévitable (les pouvoirs publics vivent de dotations qui ne tiennent pas la comparaison avec les moyens des entreprises et des individus s'ils veulent investir dans ce créneau technologique) mais l'intention de l'école doit être d'avancer audacieusement dans cette mutation, sans quoi elle se discrédite elle-même aux yeux de ses élèves. Et ce serait sans doute là une des raisons majeures de disfonctionnement dans sa mission. En effet, comment mobiliser l'attention et l'investissement des élèves s'ils peuvent être convaincus que l'école ne leur permet pas de s'insérer avec une meilleure intelligence critique dans la société d'aujourd'hui -et de demain- ? Si les formations initiale et continuée des enseignants et la qualité de l'équipement mis à la disposition des classes les fait sourire, quand ils sont gentils... ou les amène à disqualifier le monde scolaire, quand ils porteraient un regard experts sur nos incompétences médiatiques ?"

Selon moi, il faut donc que l'école accompagne l'évolution numérique de la société en préparant les jeunes à y exercer un rôle actif et critique.

 

 (°) Jongler avec les concepts, les méthodes, les outils, les sources de l'info, les formes de communication... n'est-ce pas d'ailleurs un savoir-faire intellectuel reconnu et apprécié de longue date... avant que les usages médiatiques n'invitent à parler de zapping en ne retenant de cette pratique qu'une certaine -et peut-être apparente- désorganisation ?

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29 juin 2011

Nouvelle publication

C'est avec plaisir que j'ai participé à la rédaction de cette publication qui constitue le 6ième numéro de notre collection "Les dossiers de l'Education aux Médias". Ma contribution porte sur l'analyse des Journaux télévisés diffusés à travers le monde... une grand messe de l'information dont la mise en scène répond à un schéma pour le moins universel.

"Chaque soir, sur les chaînes du monde entier, tel un rituel éprouvé, le scénario se reproduit : le générique démarre, volume sonore suffisamment fort pour ameuter les derniers distraits qui auraient encore l’outrecuidance de n’avoir pas rejoint leur fauteuil. Le présentateur apparaît alors à l’écran. Il s’adressera à vous les yeux dans les yeux, pendant une trentaine de minutes, pour vous raconter ce qui s’est passé dans le monde... Mais au bout du compte, tout au plus, aurez-vous appris ce
qui figurait à la conduite de cette sacro-sainte émission : le journal télévisé."

Outre la diffusion papier, l'ensemble est téléchargeable sur le site de Média Animation.

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